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— 453 — très vivante image. Le front est vaste, les traits sont fins et pleins de nor- blesse ; le visage, encadré par une longue barbe, respire la bonté et l'intelli- gence. L'homme est bien tel que ses contemporains Papire Masson et Jean Godard nous l'ont décrit. Pernetti a ajouté : « Il était grand, bien fait, avait les yeux bleus, la barbe et les cheveux blancs. Sa droiture, sa bonne foi, sa candeur, sa modestie et son humanité ne peuvent être assez loués ». S'il fut un mécène pour les gens de lettres de son époque, il écrivit assez peu et il n'a pas laissé d'autre œuvre littéraire qu'une traduction de l'Histoire des premières années du règne de Louis XII, composée en latin par Humbert Velay ou (Veillet) de Savoie1. Mais la gloire de ceux qu'il a protégés et des amis qui ont entouré sa vie a mieux qu'un chef-d'œuvre assuré la pérennité de sa mémoire. m Hôte assidu des réunions de Fourvière, ami des Bellièvre, des de Langes et des de Villars, Guillaume du Choul se distingua parmi les érudits de son temps par une science de l'antiquité beaucoup plus générale et plus approfondie ; il ne se borna pas à étudier l'histoire locale, il eut des vues plus hautes sur l'histoire grecque et romaine, sur celle des religions et sur- tout sur les formes de l'art antique dont la pureté et la mesure satisfaisaient le classicisme de son esprit. Il fut aussi un des plus grands numismates de la Renaissance, à une époque où cette science commençait à peine à être ébauchée et où les collectionneurs de monnaies et de médailles étaient encore rares. Le bon roi René, Pétrarque, le roi de Hongrie Mathias Corvin et le roi d'Aragon Alphonse V le Magnanime s'y intéressèrent les pre- miers, alors que le Pisanello restaurait l'art des médailleurs suivant les formules antiques, pour perpétuer la gloire des papes et des mécènes italiens. Guillaume du Choul, dont le nom latinisé est Caulius, descendait p. 42. Au verso, elle porte ces mots de Virgile, Veterum volvit monumenta virorum et des attributs : génie et monnaies. 1. Cette traduction se trouve à la fin de l'édition donnée en 1835, par le bibliophile Jacob, de la Chro- nique de Jean d'Autun. Voir aussi, dans les œuvres de J. Godart (Lyon, P. Landry, 1594), une élégie à Nicolas de Langes, qui nous indique que cette traduction fut écrite lorsqu'à la fin de sa vie il s'était retiré dans son château de Cuire.