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François Pupier s'enfuit avec une partie du trésor et resta plus de cinq
mois à errer dans la campagne aux environs de Montbrison, avec ses mulets
chargés des biens les plus précieux du chapitre. Le secrétain de Bellièvre,
qui était parent de de Langes, cacha l'argenterie et les reliquaires, et mou-
rut, en 1570, sans en avoir révélé à d'autres qu'à Nicolas la précieuse
cachette. Celui-ci la fit connaître plus tard au chapitre. Quant à lui, il
s'était personnellement occupé de soustraire à la rage destructive du baron
des Adrets les titres, les chartes et les archives du monastère, car il les
considérait comme le patrimoine dont seule la perte était irréparable.
      Au milieu de cette vie troublée des guerres de religion, il continua sa
carrière de magistrat. En 1570, il succéda à Pompone de Bellièvre dans la
charge de lieutenant général en la sénéchaussée de Lyon. Deux ans après,
les massacres de la Saint-Barthélémy lyonnaise lui firent horreur et il refusa
formellement de les approuver et de coopérer aux sanglantes exécutions
qui les accompagnaient. Devenu premier échevin en 1573-745 il prêta
serment à Henri III, lors de son passage à Lyon, et quand Lyon prit le paiti
de la Ligue, en 1589, il préféra suivie le sort des Politiques, restés fidèles au
roi, et quitta la ville. Il n'y rentra que le 8 février 1594, avec son gendre
Balthazard de Villars1, exilé comme lui par les Ligueurs. Il mourut en
avril 1606, ayant exercé deux fois la charge d'échevin, et après avoir assisté
quelques jours avant sa mort à. la prise de possession de la maison de la
Couronne qui devenait le nouvel Hôtel de Ville.
      Son épitaphe, dans l'église Saint-Georges, mentionne le titre qui lui
était certainement le plus précieux : Antiquarice rei et numismatum inda-
gator. Ce fut en effet un véritable antiquaire ; tout en continuant les tradi-
tions de Claude I de Bellièvre, il augmenta beaucoup la collection du Jardin
des Antiques, et sut constituer un important médailler. Ce fut le chancelier
de Bellièvre qui hérita de ses médailles d'or antiques, Balthazard de Villars
reçut la bibliothèque et les manuscrits, et son petit-fils Nicolas de Langes



   1. Nicolas II de Langes fut marié deux fois. En première noce, il épousa Louise de Vinols, dont il n'eut
qu'une fille mariée à Jacques de Champier ; en seconde noce, il se maria à Louise Grolier, qui lui donna
trois filles : Louise, mariée à Balthazard de Villars, Hippolyte à Jean de Raverie, et Eléonore à Philippe de
Langes son cousin.