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BIBLIOGRAPHIE 399 ÉTUDE SUR LA VIE .ET LES ŒUVRES DE A. COGHIN, par LÉON ROUX, avocat à lacour d'appel de Lyon, membre de l'Académie des sciences, belles- lettres et arts de la même ville. — Paris, Jules Gervais, i88i, in-8. — Prix : 3 fr. Cochin forme avec Laussel le plus heureux contraste. Et c'est surtout quand on passe de la lecture de la biographie de l'ex-procureur de la commune de Lyon, en 1793, à celle de l'étude que M. Léon Roux vient de consacrer à la vie et aux œuvres d'Augustin Gochin, que Và me éprouve ce sentiment de profonde satisfaction qu'inspire l'exemple du bien et de l'honnête. Rien ne ressemble moins, en effet, à la vie des tribuns d'aventures que celle d'Augustin Cochin. C'est que par-dessus tout Cochin était un grand chrétien, et que, chez lui, l'amour du bien et le désir d'assurer le bonheur d'autruil'empor- tèrent "toujours sur les sentiments vulgaires d'ambition, qui ont été la cause de tant de défaillances. Personne ne s'est consacré, avec autant de zèle et de savoir que Cochin, à la solution des problèmes sociaux agités à notre époque ; personne ne s'est plus efforcé d'améliorer le sort du pauvre et du travailleur. Pour soulager le premier,' il fonde, à vingt-deux ans, une conférence de Saint-Vincent-de-Paule, dans le faubourg Saint-Jacques ; pour le second, il se voue tout entier à l'organisation de toutes les institutions de prévoyance, qui peuvent garantir l'ouvrier contre la souffrance et la misère. Ce n'est donc pas à Cochin qu'on pourra faire le reproche, adressé quelquefois aux classes dirigeantes, de ne rien faire pour les classes laborieuses. Partout où il passait, et jusque dans les sociétés financières, qu'il administrait avec tant d'au- torité et d'intelligence, on sentait son influence moralisatrice et bienfaisante. Cochin était un travailleur infatigable, un écrivain distingué et un puissant orateur. Dans les travaux qu'il a publiés dans les Revues les plus importantes, dans ses conférences publiques, dans ses rapports à l'Institut, il a donné con- stamment la mesure d'un grand talent. C'était aussi l'homme du patriotisme et du devoir. Quand Paris fut assiégé, il n'hésita pas à l'entrer dans ses murs, pour participer à sa défense, soit dans les rangs de la garde nationale, soit en organi- sant le service des ambulances. La guerre finie, le chef du pouvoir exécutif fait appel à son dévouement, en le nommant à la préfecture de Seine-et-Oise. C'était encore un devoir à remplir ; il l'accepta; mais les forces humaines ont des bornes et il succomba dans cette œuvre suprême. Une telle vie renferme plus d'un enseignement, et M. Léon Roux a su admira- blement le faire ressorti]' dans sa notice, à laquelle il a su donner, par la couleur du style et le ton ému de la pensée cet intérêt puissant qui attache et entraîne le lecteur. FANTAISIES LYONNAISES, par M. AIME VINOTBINIEK. — Lyon, chez les principaux libraires, 1882, in-8. — Prix : 3 fr. 50. Le titre de ce volume nous indique d'avance le ton qui y domine. C'est celui de la fantaisie, c'est-à -dire de l'imagination à la libre allure et de l'enjouement qui convient à des récits destinés à distraire et charmer le lecteur. A V R I L 1883. — T. V. 26