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172 LA REVUE LYONNAISE les pieuses légendes remontant aux temps évangèliques, ont survécu jusqu'à nos jours dans la mémoire d'un peuple, qui semble avoir eu le privilège de garder, en toutes choses, les plus anciens souvenirs de l'histoire. La dernière brochure publiée récemment par les Missions catholiques est le Voyage, dans l'Oudoé et l'Ouzigoua (Zanguebar) par le P. Baur. Cette publication renferme le récit d'une visite faite par le supérieur de la mission du Zanguebar dans cette partie de la côte orientale .de l'Afrique, située en face de la grande île de Zanzibar, et limitée par deux fleuves importants, au midi, le Kingani, et au nord, le Wamé. C'est à ce pays que l'on donne le nom d'Oudoè et au peuple qui l'habite celui de Wadoé. A l'ouest, et loin de la mer, s'étend la vaste contrée de l'Ouzigorea, dont la capitale, Mrogoro, est l'un des plus grands centres de popu- lation de cette partie de l'Afrique. Telle est la région décrite dans ce récit, qu'accompagne une carte, dressée sur une grande échelle de la partie centrale du Zanguebar. Nous ne sommes plus ici, comme sur les ruines de Carthage ou dans les plaines de l'Egypte, dans un pays dont le territoire nous est connu aussi bien que les pages de son histoire. Les Européens, qui sont allés jusqu'aux Grands Lacs, et dont quelques-uns même ont traversé l'Afrique, n'ont pas visité l'Oudoé ; les navigateurs se livrant à la traite des esclaves ont seuls, jusqu'à ce jour, abordé cette côte inconnue. C'est que ce pays est habité par un peuple, dont quelques tribus sont encore anthropophages et par cela même fort redoutées de leurs voisins ; les Arabes, entre autres, n'osent guère s'aventurer dans ces régions inhospitalières. Eu outre, l'absence à peu près complète de voies de communication en l'end l'accès peu facile aux voyageurs. Les rares chemins qui les traversent ne sont que de misérables sentiers, et l'on est arrêté aussi, à chaque pas, par des cours d'eau larges et profonds sur lesquels sont jetés seulement des ponts de lianes, vacillants et fragiles, que l'on ne traverse point sans danger (V. p. 170). Les mœurs et les usages de ces peuplades primitives, fournissent de curieux sujets d'observation. Mais rien n'est plus curieux que la comparaison de quelques-uns de ces usages avec ceux des