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               DISCOURS DE M. L'ABBÉ NOIROT,                   465

liberté de l'enseignement, laisse aujourd'hui aux familles ,
sans restriction et sans entraves , la liberté du choix entre
les établissements de l'Etat et les établissements privés ,
rendus eux-mêmes , dans une juste limite , a leur indépen -
dance.
    Aujourd'hui , aux hommes qui se consacrent à la pénible
mission de préparer a la France un avenir digne de ses hau-
tes destinées, une seule rivalité est permise, celle qui prend
sa source dans le sentiment d'un grand devoir à accomplir,
dans un devoûment généreux aux progrès de l'éducation et
au bonheur des générations nouvelles.
    Après avoir fondé l'ère de la liberté dans l'enseignement,
l'Empereur a voulu que l'organisation intérieure de l'Univer-
sité fût mise en harmonie avec les perfectionnements nou-
veaux introduits dans tous les services publics , et que les
fortes traditions d'ordre et de progrès du premier Empire
reprissent toute leur autorité dans les établissements de
l'Etat, où, d'ailleurs, elles n'avaient jamais cessé d'être en
honneur.
    Dans ce but, et sans rien perdre de ce qu'elle avait acquis
en élévation et en étendue , l'instruction a été adaptée d'une
manière plus spéciale que par le passé , à la variété des be-
soins et des aptitudes.
    Dans quelques-unes de ces parties , elle s'est faite pratique
et populaire pour répondre plus complètement aux intentions
d'un gouvernement issu du suffrage universel, protecteur
éclairé et impartial de tous les intérêts , en dehors et au-
dessus de tout esprit de parti.
    « J'ai voulu , disait Napoléon I er , que l'Université fût for-
tement lettrée. J'aime les sciences , chacune d'elles est une
application spéciale de l'esprit humain ; mais les lettres, c'est
l'esprit humain tout entier ; l'étude des lettres , c'est l'éduca-
 tion de l'âme , l'éducation qui prépare à tout. »
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