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454 LA DIPLOMATIE FRANÇAISE EN ORIENT.
rent répartis dans les maisons de la ville et des environs ;
chaque pacha en avait une entière pour lui, ses serviteurs et
ses esclaves, personnel qui se composait ordinairement des
deux sexes. On érigea une mosquée qui depuis est deve-
nue l'église de St-Jean.
Les Ottomans, placés ainsi sous la main du roi, semblaient
* une menace suspendue sur l'Europe , et Charles-Quint en
prit occasion de faire déclarer la guerre à la France et à la
Turquie par les états d'Allemagne assemblés à Spire. A
force de montrer le Turc prêt à envahir la Hongrie et à por-
ter les armes dans le centre de l'Allemagne à la sollicitation
de François I e r , il rendit ce dernier si odieux que la diète
refusa d'écouler ses ambassadeurs, le déclara ennemi de
l'empire et décida une levée de vingt mille hommes pour lui
faire la guerre. Un mémoire justificatif présenté à la diète
par le cardinal du Beliay, ambassadeur de François 1 er , n'eut
pas môme la faveur d'être écouté.
Contraint alors de s'en rapporter au sort des armes, le roi
répondit aux menaces par la victoire de Cérisoles. Cette
heureuse circonstance, en relevant le courage de ses troupes,
vint à propos lui permettre de congédier la flotte turque qui
reprit la route de Constanlinople au mois de mars 1544,
après un séjour de plus de six mois à Toulon. Il devenait
d'ailleurs urgent de se débarrasser de cet appui rendu com-
verncr et loger l'armée du Levant en ladite ville et port de Thollon, nous
en avons faict déloger tous lesdits habitans, leurs femmes et leurs enfans cl
iceux contraints d'abandonner leurs propres maisons et demeures, leur
ôtant par ce moyen toute occasion de continuer le dict trafique de mar-
chandises, avons affranchi iceulx suppliants en fait de contribution et
des tailles et ce jusques au temps et terme de dix ans senssuyvant consé-
cutifs. Donné à Eschou, le onzième jour de décembre l'an de grâce MDXJ.HI,
et de notre règne le XXIX«. — Signé FRANÇOIS.—Par le roy, ,de l'Aubes-
pine. »