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414 LE GOURGUILLON AU XIIIe SIÈCLE.
masse de pierres, mourut trois jours après de ses blessures. Le
roi fut en grand danger, et le comte de Valois reçut aussi des
contusions. Beaucoup de personnes de distinction périrent ou
furent grièvement blessées. Quant aux. victimes parmi le peuple,
elles durent être fort nombreuses. On pense quelle consternation
cet événement apporta au milieu des pompes de la cérémonie,
et combien l'étroitesse de la voie parcourue augmenta le désor-
dre. La montée des Épies, qui aboutit sur la petite place de
Beauregard, n'existait pas encore (1), et, par conséquent, cette
issue manquait à la foule. Ce désastre fut certainement accru
par l'encombrement. Lorsque la panique s'empare des masses,
on voit toujours un grand nombre de gens écrasés ou étouffés
dans la presse des fuyards.
Ce fut à la hauteur de la place de Beauregard qu'eut lieu cette
terrible catastrophe , et le mur qui l'occasionna devait être Ã
gauche en descendant. La recluserie de la Madeleine est indiquée
sur le plan du P. Ménestrier, un peu au-dessus de ladite place ,
et du côté de la Saône. Cette chapelle de la Madeleine était en-
tourée d'un tenement, et quand les historiens racontent que le
fort du Gourguillon fut élevé sur la recluserie en question , cela
doit s'entendre du bâtiment et du terrain environnant.
Le fort fut mis à cheval sur la montée, et les bourgeois étant
maîtres de Fourvières, ne craignaient pas d'être dominés par les
assaillants. Le but des insurgés était de barrer le passage, et
leurs travaux de défense s'étendaient des deux côtés de la voie.
Le comte de Valois se tenait à la droite du pape, et le duc de
Bretagne à gauche. Celui-ci ayant été écrasé sous l'éboulement, le
mur se trouvait donc nécessairement à gauche. Le roi et son frère,
plus éloignés à droite, ne reçurent que des contusions. Paradin
précise très-bien cette position de la vieille muraille éboulée :
« Comme* la personne du pape Clément V commença à descendre
(1) « La vigne de Fuer, ayant été divisée en 32 parcelles ou pies , on
« ouvrit, en l'année 1535, un passage pour les desservir. Il fut appelé rue
des Pies de Fucr, et, par corruption, montée des Épies- » — Cochard. Guide
du voyayeur à Lyon.