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                           BIBLIOGRAPHIE.                        Ml
         Abaissa si souvent celte barrière immense,
         Qui sépare un soldat d'un maréchal de France,
         Et, par son propre exemple, enfin, sut démontrer
         Qu'à présent le génie à tout peut aspirer !
         De tels faits vont répondre aux instincts populaires,
         Et révèlent pourquoi, malgré ces longues guerres
         Qui couvrirent de deuil la moitié du pays,
         Jusque dans la chaumière où manque un dernier fils,
         Avec tant de respect on garde la mémoire
         Du grand nom qui résume ordre, puissance et gloire ;
         Pourquoi, comme on l'a vu, si rapide et si fier,
         L'aigie qu'on exila sur un roc de la mer,
         Arrive, en traversant un peuple qu'il enflamme,
         De clocher en clocher, aux tours de Notre-Dame,
         Et pourquoi, s'il n'y reste, il pourra devenir,
         A force de malheurs, l'espoir de l'avenir.

   Qu'un éloge, bien consolant pour celui qui le mérite, cou-
ronne cette appréciation déjà longue, et que pourtant j'ai regret
 de terminer sitôt : l'auteur qui connaît et aime cette vieille parole
de Plaute : « Homo sum, et nihil humanum a me alienumputo »,
qui, par conséquent, a promené son pinceau sur la palette des
passions humaines, a trouvé pourtant le beau secret et le rare
courage de conserver à ses écrits le sceau de la plus irréprocha-
ble moralité. Dans son livre, pas un mot, pas une pensée qui
puisse amener la rougeur sur le front de la jeune femme ou de
la jeune fille qui le lirait. Cet éloge est un de ceux dont on est
avare, de nos jours où si peu d'écrivains ont la force de rester
complètement purs.
   En terminant la lecture de ce livre, sous l'impression des
idées que j'y ai recueillies et du style qui m'a charmé, je me suis
remis en mémoire ces paroles remarquables de M. le duc de
Lévis, dans ses Maximes et Réflexions :
   • Lorsque les gens du monde savent écrire, ils ont, à esprit
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égal, dé la supériorité sur les gens de lettres. S'ils traitent un
sujet léger, ils ont, d'ordinaire, plus de grâce et le goût plus dé-
licat; si c'est une matière sérieuse, leur jugement est plus sain,
parce qu'ils joignent, à l'expérience des affaires, une plus grande
connaissance du cœur humain. »
                                          MAURICE SIMONNET.