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VAISE. 271 Menestrier et Colonia ont donné le dessin de ce monument. Son architecture, lourde et sans régularité, trahit le mauvais goût de l'époque qui suivit le beau siècle d'Auguste. Vaise était anciennement un bourg du Lyonnais. Son église paroissiale, sous le vocable de Saint-Pierre, dépendait de l'abbaye d'Ainay et jouissait d'une grande célébrité que lui avait valu la Fête des Merveilles ou des Miracles, instituée en commémoration du recouvremeut miraculeux des cendres de nos saints martyrs. Elle avait lieu tous les ans, le 2 juin, jour de la fête de saint Pothin. « Toutes les processions de la cité se rendaient par terre jusqu'à l'église de Vaise où commen- çaient des prières. De là , le clergé de Saint-Jean s'embarquait sur la Saône, accompagné du clergé de Saint-Just, de Saint- Paul et des religieux de l'Ile-Barbe et d'Ainay, chacun dans leur bateau orné avec luxe et pavoisé de banderoles. Tous en- semble, à la suite les uns des autres, accompagnés de plusieurs barques d'escorte, descendaient la rivière en chantant matines et laudes; après avoir passé le Pont-de-Pierre, les cinq égli- ses se rangeaient dans un ordre différent, et continuaient ainsi leur route par eau jusqu'à Ainay où elles faisaient leur sta- tion, et baisaient dans le chœur la pierre de saint Pothin. Elles revenaient ensuite par terre en récitant le Miserere jus- qu'à l'ancienne église de Saint-Michel; enfin elles se ren- daient à l'église de Saint-Nizier en chantant la litanie de saint Pothin. Là , les chanoines célébraient la grand'messe, et, au retour, chaque église chantait un répons avec la litanie De quacumque tribulatione. « Cette fête ne commençait pas avant que les habitants de la ville et de la campagne en fissent la demande au Cha- pitre qui la faisait publier par son chancelier, parfois, on la retardait, dans des circonstances fâcheuses, et même on l'o- mettait en tout ou en partie, comme il arriva en 1362 et 1363, pour éviter les dangers dont la ville était menacée