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Château* îm Cyonnate. H. LÀ CLAIRE ET LA DUCHÈRE. Au nombre des belles demeures que Vaise possédait autre- fois, il faut placer au premier rang la Claire et là Duchère, La Claire doit son nom à M. Le Clair qui la fit bâtir dans le XVIe siècle et fît mettre sur le portail cette inscription, lout-à -fait dans le goût de cette époque : UBIQUE CLARA. On lit encore aujourd'hui sur une fontaine de cette cam- pagne le distique suivant où l'auteur s'est complu à jouer sur le nom de cette propriété : HANC ORNANS CLARA CLARAM CLARISSIMUS UNDA, ClJNCTA FACIT C L A R U S QUO SUA CLARA FORENT. Les jardins de cette résidence vraiment royale furent tracés par le célèbre Lenôtre. Ils ont un aspect grandiose et rap- pellent Trianon. Il ne nous en reste plus aujourd'hui que des fragments, assez beaux pour nous faire regretter ces parterres, ces allées, ces salles d'ombrage, si bien dessinés par l'habile artiste auquel Louis XIV confia Versailles et Trianon. Dans cette retraite magnifiquement décorée , Henri IV, après les troubles de la Ligue, reçut, le 4 septembre 1595, les premiers hommages de la ville de Lyon depuis sa soumission. Il répondit en ces termes aux compliments des échevins de Lyon : « Mes amis, j'ai toujours loué votre fidélité, j'ai toujours cru (quelque débauche et changement qu'il y ait eu par mon royaume), que vous étiez Français. Vous me l'avez bien montré, l'honneur vous en est demeuré, et à moi tout le contentement qu'un prince peut avoir du service de l'obéis- sance de ses sujets. Continuez à m'aider, et je vous ferai con- naître combien je vous aime, et que je n'ai rien plus à cœur que votre repos. » Le roi répondit au grand obéancier de l'é- glise de Saint-Just, orateur né du clergé de Lyon : « Que comme des trois Ordres dont son royaume était composé, le clergé avait été le dernier à le reconnaître ; il croyait aussi qu'il serait un des plus fermes et un des plus affectionnés à son obéissance. »