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                               SUR LE PROJET




 D'ÉRIGER UNE STATUE AU CHANCELIER GERSON,



                             PAR M.      DARMÈS.




    Nous tournons à la manie des statues, et sous ce rapport nous som-
 mes un peu des Romains de la décadence. Ce n'est pas quand le mé-
 rite se produit avec le plus de splendeur, que l'on s'occupe le plus de lui
rendre ces hommages dont nos âges se montrent si prodigues, et il me
semble que les vivants songent beaucoup trop à eux-mêmes dans cette apo-
théose des morts.
    Il y a déjà quelques années que le projet d'élever une statue à Jean Gerson,
illustre chancelier de l'Université de Paris, a été agité parmi nous. S'il est
un homme dont le souvenir puisse être honorablement rappelé à nos conci-
toyens, aux classes pauvres surtout, c'est bien Gerson. Celui qui avait figuré
avec un certain éclat sur une scène élevée, et qui avait paru au concile
de Constance, Jean Gerson, obligé de se réfugier dans notre cité, qui était
une ville neutre, et lui offrait un sûr abri, se retira au couvent des Céles-
tins, où il avait un frère, puis ensuite alla se cacher vers la vieille église
de Saint-Paul, où il passa ses dernières années à instruire et à catéchiser les
enfants du quartier. Les écoles n'étaient pas aussi communes que de nos jours i
un maître était donc un véritable trésor, et surtout un maître de la trempe
du Chancelier.