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PENDANT LES ÉPIDÉMIES DU XVII e SIÈCLE. 321 le nommât premier garçon, qu'il fût reçu aspirant ou qu'il passât maître, se terminait inévitablement par cette clause : « Qu'en cas de contagion, il s'enfermerait dans l'Hôlel- Dieu ou dans l'hôpital Saint-Laurent pour soigner les pesti- férés. » Nous avons vu les recteurs imposer cette obligation à des hommes de l'art pour toute leur vie. En 1626, on demanda et l'on obtint une ordonnance royale qui contrai- gnait les deux derniers chirurgiens-majors sortis à rentrer à l'hôpital en cas de peste, pour s'y consacrer au traitement des malades. Mais, hâtons-nous de le dire, cette rigueur n'était pas né- cessaire; on doit proclamer, à la louange du corps médical, que jamais il ne fallut invoquer la loi ; il se signala par sa philanthropie et son désintéressement. L'administration ne fut pas toujours à la môme hauteur : elle exigea qu'il fût sti- pulé dans l'ordonnance royale de 1626, et elle-même arrê- tait dans la plupart de ses actes obligatoires, que les chirur- giens traiteraient les pestiférés sans récompense ni salaire. De sorte qu'en exposant leurs jours, ces malheureux n'a- vaient pas même la perspective de laisser quelques secours à leur veuve et à leurs enfants; il y eut même des cas où, sous l'empire des préjugés du temps, on sévit contre eux au lieu de les récompenser; l'histoire de Claude MaIo(1629) en est un triste exemple (1). Toutefois le Bureau se montra (i) « Dans ce temps de calamité, on jeta les yeux sur Claude Malo, maître- chirurgien de Villefranche, qui avait déjà servi à l'Hôtel-Dieu ; on le retint le 29 avril 1629 pour « rester audit hospilal, pour panser et medicamenter les pauvres diceluy, et sans gages... » « On apprit bientôt que quelques jours avant son admission, il avait pansé des malades suspects à Villefranche : « à quoy estant besoing de pourveoir, pour obvier aux: inconvénients qui pourraient arriver de sa fréquentation capable d'infecter ledit Hostel-Dieu, a este arrête (31 mai) que ledit Malosera livre à MM. les commissaires députez pour le fait de la santé , pour contre lut) 21