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238                           HISTOIRE
el cette autorité est celle de l'Esprit saint dont les Pontifes ne
sont que l'organe impérissable. Lorsque tout dans la création, les
hommes et les choses, suivent une loi unique, l'esprit humain pour-
rait-il seul s'en affranchir, et cela pour ce qui lui est le plus supé-
rieur, la vérité religieuse : à moins d'admettre que Dieu se soit fait
un jeu de nous tromper, tout ce qu'il a dit est complètement vrai;
on ne peut donc ni retrancher quelqu'une de ses parties, ni ajouter
ce qui serait contraire à son esprit. Que l'Eglise interprète donc
en toute chose, elle est avec Dieu, et cela durera jusqu'à la con-
sommation des siècles, car ce qui est vrai aujourd'hui ne sera pas
demain un mensonge. Lorsque la raison avait ainsi disposé les vo-
lontés, la grâce achevait ce qui par elle était si bien commencé,
el les hommes faisaient pénitence, renonçaient aux maximes du
monde, plaignaient ceux de qui leur venaient le mépris, les insultes,
et couraient au martyre en priant pour les persécuteurs.
   Peut-être sera-t-il bon de prendre au livre de M. Collombet un
exemple de ces nombreuses conversions qui se voyaient alors. Dans
celui-ci nous ne rencontrerons pas des obstacles matériels à une pu-
blique profession de foi chrétienne; mais les faiblesses de l'amour-
propre s'y montrent, et notre époque connaît leur despotisme.
    « Au IIIe siècle, Victorinus professait à Rome la rhétorique avec
un très grand succès; il était versé dans tous les arts libéraux, il
lisait, discutait, éclaircissait les ouvrages de philosophie, et même
il traduisit en langue latine plusieurs livres des Platoniciens. Ceci
lui valut une statue sur le forum de Trajan, au milieu des plus illus-
tres personnages de l'empire. Cependant Victorinus, parvenu à la
vieillesse, se prit à lire nos livres sacrés : « Il les méditait avec un
zèle assidu, cherchant à en pénétrer la profondeur, et disait ensuite
à Simplicianus, dans les secrets épanchements de l'amitié.
    Sache que moi aussi je suis chrétien. A quoi Simplicianus ré-
 pondait : Je no le croirai pas, et jamais je ne te compterai parmi les
chrétiens, si je ne te vois à l'Eglise du Christ.
   Mais comment donc, répliquait Victorinus, eu prenant un ton
railleur, est-ce que les murailles font les chrétiens ?
   Puis, il disait souvent qu'il était chrétien, lui, et comme Simpli-
cianus ne répondait nue par les mêmes paroles , toujours aussi