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DIGNE ET LES ALPES. 2(55 « Mais, général, dit-il, vous n'ignorez pas que, depuis son abdication, les Français ne reconnaissent pas l'Empereur. » Ils le reconnaîtront bientôt de nouveau, M. le maire; n'en soyez pas en peine. En attendant, ayez la bonté de pourvoir tout de suite à ce que je vous ai demandé. Et s'adressant à la domestique de M. de Gombert : «—Ma- demoiselle, un écriloire, du papier, et une plume à M. le maire. Mais savez-vous, général, répliquaM. de Gombert, que ces sortes d'affaires ne se traitent qu'à la maison commune ? » Cambrone insiste vivement, mais, sur les refus de M. de Gombert, et sur l'offre d'aller à l'Hôtel—de-Ville où l'on trou- vera du monde, Cambrone ajoute : «. Eh bienl à la bonne heure; je vais vous y attendre. » En sortant, Cambrone envoie aussitôt à Malijai un cavalier dire à Napoléon qu'il était maître de Sisteron, et c'était la vé- rité. Vers le matin, deux officiers supérieurs se présentent au conseil municipal, et demandent à parler au maire, qui dit n'avoir rien de caché pour le conseil municipal, et de ne pouvoir les entendre à part. On représente alors qu'il y va de l'intérêt de la ville de ne pas opposer de résistance, et l'on engage le maire à envoyer au devant de l'empereur, qui est près d'arriver. Alors deux conseillers, ex-constituants roya- listes, MM. Latil et de Burle, font observer qu'il y a force majeure, qu'il faut subir la loi de la nécessité. M. de Gom- bert, dans l'intérêt des habitants, se rendit, mais sans le cos- tume officiel, au devant de Napoléon. Le maire et sa suite ar- rivent donc à une petite distance de la porte nord de la ville, et se trouvent au pied de la citadelle, à l'embranchement du chemin, lorsque apparaît Napoléon, en capote grise, au mi- lieu d'une centaine de cavaliers. Un des officiers de l'Empereur lui ayant signalé ceux qui l'attendaient là , Napoléon dit au sous-préfel :