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194        DE L'ÉTAT ACTUEL DE LA PHILOSOPHIE

ans en portefeuille, il semble que pour Schelling il n'en-
trait aucunement en ligne de compte.
   Il était impossible que les choses en restassent toujours
à ce point. Plus d'une voix s'éleva pour proclamer que Schel-
ling ne gardait le silence que parce qu'il n'avait rien à dire,
et que le véritable secret de son rôle problématique c'était la
crainte de se voir appliqué, s'il parlait, l'adage connu : « Si
tacuisses, philosophas mansisses. » La logique hégélienne, si
forte autrefois de sa conséquence systématique et de son appli-
cation universelle, perdait sensiblement de son influence par
suite de la marche des idées opposées au Panthéisme, et à cause
de l'incompatibilité de cette ontologie superbe et merveilleuse
avec les doctrines chrétiennes. Il aurait été bien triste de la voir
supplantée par un système anonyme, par une doctrine mas-
quée, par une théorie inconnue à tout le monde. Les mys-
tères d'Eleusis et les tribunaux vehmiques ne sont plus de
notre temps ; la doctrine de Schelling dut donc nécessaire-
ment subir l'épreuve de la publicité. Sommée en vain de
comparaître et de s'expliquer elle-même sur sa nature, la
philosophie « positive » fut traînée contre son gré à la barre.
Du fond de la petite ville de Heidelberg le vieux Paulus
sut, par l'entremise d'un auditeur de Schelling, se procu-
rer le cahier d'un des cours de ce philosophe. Le manuscrit
s'étendait précisément de préférence sur la partie qui avait
toujours été l'objet de la plus grande préconisation de la part
des admirateurs du nouveau système. II contenait, outre une
Introduction générale, et à coté de quelques détails sur « la
philosophie de la mythologie, » toute la nouvelle « philo-
sophie de la révélation. » Paulus publia ce manuscrit.
   Ce n'est pas ici le lieu de résumer et de critiquer la nouvelle
doctrine de Schelling. Nous accordons qu'elle contient bien plus
d'éléments de vérité que n'en contenait la doctrine de son pré-
décesseur. Opposée au fier « apriorisme » de l'école hégé-