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Ctjâteour î>u Cijonnaiô. i. LE CHATEAU DE LA PAPE. ORMiûABLE témoignage de la puissance féo- dale, ornement et terreur du pays, le châ- teau autrefois personnifiait pour le peuple le seigneur, le juge, le geôlier, le bour- reau; de l'effroi héréditaire qu'il inspirait naquit, plus tard, le principe de haine qui aida à convertir en ruines ces forteresses que les siècles n'avaient pu abattre. Quand Richelieu eut détruit les der- niers vestiges de la féodalité, que les seigneurs suzerains ne furent plus que les courtisans du roi de France, les vieux donjons qu'élevèrent les mœurs rudes et l'esprit guer- rier des aïeux, firent place à de pacifiques châteaux, ré- sidences presque royales par le luxe et le faste qu'y dé- ployèrent les fils. De nos jours, de riches demeures prennent le nom de château ; mais, loin d'être le simulacre de ces bou- levards dangereux dont la royauté elle-même redoutait la force et le pouvoir, elles ne ressemblent pas plus aux manoirs plus modernes de nos pères qu'un jouet d'enfant ne rappelle un monument. Qu'on nous pardonne de détourner quelques regrets vers ces reliques du temps passé; archives populaires de notre