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484 FEBOR ET LOUISE. leur. Quinze chais et huit chiens, couchés sur des coussins et sur des chaises, composaient le reste de la société. La conseil- lère jeta sur ses chers quadrupèdes un regard inquiet, et dit en soupirant : — Qui vous soignera si je viens à mourir? — Moi ! chère conseillère, répondit Mme lomann ; quoique ma pension ne soit pas bien forte , je la partagerai avec eux , plutôt que de les voir souffrir. — Bonne âme ! répondit la conseillère, je reconnais bien, là tes beaux sentiments. Mais, afin que je meure tranquille, donne- moi ta main comme gage de ta parole. — La voilà ; maintenant ne me parle plus de mourir, sans quoi tu me brises le cœur. Tu te rétabliras, tu vivras encore longtemps pour moi et pour tes chères bêtes. A la vérité, c'est pendant qu'il est en santé que le chrétien doit penser à sa fin et faire ses préparatifs. — Oh ! oui, spupira la conseillère. J'ai presque envie de faire mon testament. Pour cela il n'est pas nécessaire que je meure encore. % — Comment! chère amie, ce n'est pas ce que je pensais. A quoi bon un testament. Tu as encore un frère — Auquel ma fortune irait très-bien , dit la conseillère impa- tientée. Non, à cause de lui je ferai mon testament. Ciel ! mon argent serait emporté à tous les vents et mes chères bêtes avec, si mon drôle de frère en devenait le maître. — C'est vrai, dit Mme Lomann en levant les épaules •, son pre- mier soin serait d'abord de mettre à la porte les chiens et les chats. C'est égal, quoique ma maison soit petite, je les y rece- vrai à bras ouverts. — Cruelle pensée, dit la conseillère en frémissant. On dirait que ces bonnes bêtes se doutent du sort qui leur est réservé. Regardez donc si Bello n'a pas les yeux remplis de larmes? — Vraiment ! la pauvre bête ! deux grosses larmes tremblent dans ses yeux. Même les chats me paraissent bien tristes. Ah ! si vous pouviez prier avec moi pour le rétablissement de votre bonne maîtresse ! — Je ne serai pas tranquille, reprit la conseillère, jusqu'à ce