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DES INSCRIPTIONS ANTIQUES DE LUGDUNUM. 281 Il est bien facile de grossir un recueil de fragments d'inscriptions latines empruntés a divers écrivains ou copiés sur les originaux au Palais-des-Arts, mais ils sont telle- ment insignifiants qu'on devrait y renoncer. Quelques-uns ne contiennent que des portions de mots ou de lettres mutilées; l'histoire littéraire de Lyon ne saurait en tirer aucun parti. Peut-être ai-je donné un nombre beaucoup trop grand de ces inscriptions tronquées ou complètement dénuées d'intérêt ; peut-être ai-je trop cédé au désir d'être le plus complet pos- sible. Mais sansm'exagérerla valeur d'un recueil général des monuments épigraphiques je ne l'en place pas moins au premier rang des sources originales de notre histoire ; et, bien que le nomore des lecteurs qui prennent quelque intérêt à des travaux de ce genre soit infiniment restreint, je n'en ai pas moins dû faire tout ce qui dépendait de moi, pour donner à cette partie difficile de mon livre l'exactitude et le dévelope- ment dont elle était susceptible. On remarque dans les pierres tumulaires, a Lyon, un assez grand nombre de noms pour un même personnage ; ils faisaient connaître les familles dont le fonctionnaire militaire ou magis- trat était l'allié. Ils sont suivis, comme on vient de le voir, de désignations encore plus nombreuses d'emplois ; celles-ci révèlent la constitution de l'administration romaine dans la Ségusiavie, et servent, parfois, a retrouver des dates. Les inscriptions antiques sont à l'histoire de Lugdunum ce que les Cartulaires sont aux Annales du moyen-âge ; tout n'y est pas, mais on y trouve beaucoup. Elles fournissent, comme on vient de le voir, d'utiles indications pour l'étude de l'orga- nisation de la société Gallo-romaine; on y trouve des maté- riaux pour la connaissance des corporations d'artisans et de marchands ; elles ont enfin le mérite d'être des monuments parfaitement authentiques et dignes d'une foi entière. On ne saurait donc évoquer avec trop de soin ces témoignages con-