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DESCRIPTION DU MUSÉE LAPIDAIRE, par le docteur COMARMOND. Compte-rendu par M. l'abbé Roux. Nous ne nous sommes jamais dissimulé le rôle ingrat et compromettant d'un écrivain auquel il est enjoint de se saisir d'un ouvrage scientifique ou littéraire, de le disséquer comme onfait d'un corps qui n'a plus de vie, et d'é- taler aux yeux du public les imperfections, les incohérences, les vices même qu'il a cru y trouver, car cette oeuvre qu'on traite si impitoyablement, elle a une certaine vitalité, elle est fille d'une intelligence, elle résume toutes les pensées de celui qui l'a créée, en un mot l'œuvre et l'ouvrier sont unis par des liens si intimes qu'on ne peut attaquer l'une sans qu'aussitôt une souffrance sympathique ne s'éveille chez l'autre : de là , et c'est tout natu- rel, les susceptibilités froissées, les rancunes d'amour-propre, l'irritation; heureux encore le critique s'il ne reçoit d'aulre réponse que cet éternel refrain : La critique est aisée, et l'art est difficile. C'est une fin de non recevoir très-commode, mais fort peu concluante, car enfin je ne me sens pas de force à façonner la terre ou à tailler le mar- bre; mais vous qui avez reçu ce don merveilleux ou qui croyez le posséder, vous placez devant moi une statue dont les épaules sont trop accentuées, dont le nez dépasse l'axe de la figure ; puis-je, avec la meilleure volonté, me cacher à moi-même et cacher aux autres que cet enfant malheureux de votre génie est bossu ou qu'il a le nez de travers ? Vous avez fait un livre dans lequel vous appelez noir ce qui est blauc et blanc ce qui est noir ; quelque inhabile que je sois dans l'art d'assembler les mots, je dis que vous vous êtes trompé. Cela vous fà chc 1 Eh mon Dieu, prenez la plume