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470                 MANUSCRITS D'ITALIE.

trarque, ainsi que le prouvent ces mots d'une écriture One
et très-régulière, placés en dedans de la couverture : Liber
FrancisaiPetrarchœ, Laureati, qui post obitum ejus remarie al
pênes heredem suum ;              *
   Les Commentaires de Jules César, in-folio, traduits en
français, avec des vignettes admirables en tète de chaque
livre, offerts a Charles VIII par un auteur anonyme ;
   Un magnifique Homère in-folio du XIVe siècle. Comme l'é-
dition princeps de ce poète a été imprimée à Florence, en
1488, il est probable qu'elle a été faite sur cette copie.
   Le manuscrit de Longus, devenu si célèbre par l'énorme
tache d'encre qu'il doit à Paul-Louis Courrier. On a conservé
sa déclaration en date du 10 novembre 1809, par laquelle il
s'accuse de ce qu'il appelle une étourderie. Il y explique
qu'ayant répandu de l'encre sur une feuille de papier, il avait,
par mégarde, serré cette feuille dans le volume. On a éga-
lement conservé cette feuille, dont la tache s'adapte parfai-
tement à celle du livre. Il suffit, au reste, de voir la dimen-
sion de cette tache pour se convaincre qu'elle ne peut être
le fruit d'une simple étourderie ; et qu'elle a bien été faite à
dessein.
   Mais, de toutes les richesses étalées sous mes yeux, ce
que j'aurais préféré a tout le reste, s'il m'eût été donné de
choisir, c'était le manuscrit de Tacite contenant tout ce qui
nous reste des six premiers livres des Annales. On sait que
ce manuscrit unique pour cette partie des Å“uvres du grand
historien, fut trouvé dans l'abbaye de Corvey en Westphalie,
par les soins de Léon X, qui l'acheta 500 écus d'or (quin-
gentis aureis). Amateur passionné de Tacite, j'avais bien sou-
vent désiré ce moment de bonheur qui m'était accordé. Je ne
pouvais toucher et feuilleter sans émotion ce manuscrit, source
unique de plusieurs millions d'exemplaires répandus aujour-
d'hui dans toutes les parties du monde civilisé. Grâce à lui et