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MANUSCRITS b'iTALIiï. 465
données depuis longtemps ? Dans cette ville , donl l'opulence
est atteste'e par tout ce qu'on en a découvert , on serait
assuré de trouver plus d'une bibliothèque , et, cette fois ,
selon toutes les probabilités, elles ne se composeraient pas
uniquement d'ouvrages philosophiques. La cessation des tra-
vaux d'Herculanum a été motivée , dit-on , par la crainte
d'ébranler le sol sur lequel repose les deux petites villes de
Porlici et de Résina , et surtout le Palais royal qui les sépare.
Ce motif n'est qu'un prétexte ; il existe des moyens connus
de tous les ingénieurs pour prévenir les accidents de ce
genre , accidents d'autant moins a craindre dans cette cir-
constance , que le sol qui supporte ces deux villes modernes
se compose d'une épaisse couche de lave , ayant acquis la
dureté de la pierre. Rien ne serait donc plus facile que
d'empêcher, 'a l'aide de quelques piliers , un affaissement de
terrain. La véritable cause qui a interrompu les travaux ,
c'est là dépense qu'ils entraînent, dépense bien plus consi-
dérable que celle de Pompei, où l'on exploite a ciel ouvert,
et d'ailleurs jugée inutile pour grossir un Musée déjà tellement
plein qu'il existe en magasin vingt-deux mille objets d'anti-
quité non encore classés et qui n'ont pu trouver leur place
. dans les vastes salles dei Studj. C'est du Directeur des fouilles
de Pompéi, M. Carlo Bonucci lui-même , que je tiens ce fait.
Mais cette surabondance de vases , d'ustensiles , de statues
et de statuettes, ne devrait point faire perdre de vue des
objets bien autrement importants, pour la recherche desquels
un Gouvernement éclairé ne doit épargner ni peine , ni dé-
pense. L'Administration qui ferait jouir le monde entier de
tous ces trésors perdus et retrouvés, se couvrirait d'une
gloire qui est faite pour tenter le Ministre éclairé dans la
dépendance duquel se trouvent aujourd'hui (1) tous les Musées
et toutes les Bibliothèques du Royaume des deux Siciles.
(1) Ceci a été écrit en 1845.
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