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464                  MANUSCRITS D'ITALIE.

 céderais toutes très-volontiers pour le Traité de Gloria , de
 Cicéron; la Médée d'Ovide ; le Thyestes de Varius ; ou mieux
 encore pour les comédies de Ménandre.
    Il est bien a regretter qu'on mette si peu d'activité dans
 l'exploitation d'une mine aussi riche. Si elle eût appartenu a
 la France , il y a longtemps que le monde savant serait en
 possession de tout ce qu'elle recèle de précieux. D'après ce
qu'on a fait jusqu'à ce jour et ce qui reste encore a faire , en
 supposant que rien ne soit changé à la marche suivie jusqu'à
présent, on peut calculer qu'il faudra encore un siècle et
demi, au moins , pour achever de dérouler et de transcrire
les l i a 1,200 Papyrus encore intacts. A la vue de toutes ces
lenteurs, qui ne laissent a la génération actuelle aucun espoir
de jamais prendre sa part dans ce trésor si miraculeusement
conservé, je me suis demandé s'il n'y aurait pas un moyen
d'abréger et de marcher droit au but qu'on doit se proposer,
en ne s'attachant qu'aux ouvrages vraiment précieux , et en
négligeant tout le reste. Pour atteindre ce but, il faudrait
éprouver tous les Papyrus , c'est-à-dire lever et transcrire
le Titre , ou à défaut du titre qui manque souvent, la pre-
mière page de chaque rouleau. Cette opération , qui pourrait
s'achever en peu d'années, ferait connaître le contenu de
chaque volume. 11 y aurait bien du malheur si l'on ne trouvait
rien d'intéressant. Dans tous les cas, on aurait des notions
suffisantes pour faire un choix , et cette mesure mettrait un
terme a la longue incertitude qui dure depuis près d'un siècle
et menace de durer encore davantage. Il faudrait pour cela
que le Gouvernement Napolitain augmentât le nombre des
Savants et des Employés chargés de cette opération délicate,
et qu'il imprimât plus d'activité à d'aussi utiles travaux.
    Si l'on pense que les 11 à 1,200 Papyrus encore intacts
donneront les mêmes résultats que ceux déjà connus , alors
pourquoi ne pas reprendre les fouilles d'Herculanum aban-