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406 FEDOR ET LOUISE. D'une main tremblante, Louise lui donna à boire. Il avala tout ce que contenait le verre.—Ah ! merci ! dit-il, certainement c'est Louise qui a tiré le sceau. Elle est pour les animaux plus compa- tissante que son frère Fedor. II délira ainsi jusqu'après minuit, puis s'assoupit. Louise, assise sur une chaise, ne put résister à la fatigue et au sommeil. Elle s'endormit. Elle eut un rêve pénible dans lequel l'homme, en juge- ment devant Dieu, était accusé par tous les animaux qu'il avait maltraités ici bas. Au moment où il allait subir sa punition Louise fut tirée de son rêve par les aboiements d'un chien qui, en même temps, grattait ses souliers. Lorsqu'elle ouvrit les yeuxFedor n'était plus dans son lit. Elle l'aperçut, monté sur une chaise, prêt à passer par la fenêtre. Louise, le saisissant aussitôt,le replaça dans son lit. Toute tremblante, elle fut longtemps à revenir de son effroi, et, pendant ce temps, le chien ne cessait de la caresser. — Pauvre ami ! sans toi j'aurais à ine reprocher la mort de mon frère. Quel malheur, si tu ne m'avais réveillée! C'est Dieu qui t'a envoyé. Comment es-tu sorti de ton grenier? J'avais donc oublié de fermer la porte V Pauvre ami, n'aie plus peur de ton maître. Il souffre plus que toi. Tu as sauvé la vie de celui qui t'a mutilé et frappé. Il se repentira certainement lorsqu'il l'appren- dra et réparera le mal qu'il t'a fait. Comme si le chien eût compris ces paroles il redoublait ses caresses à sa bienfaitrice. F. LORTET. {IM suite cm prochain numéro) •