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DE GR1M0D DE LA REYN1ÈRE. 303 d'une certaine entente du théâtre. Je souhaite au resle pour vos plaisirs que la dame D devienne excellente, mais j'ai de la peine à le croire. Pu reste, cet emploi n'est pas le plus important du courant du répertoire; il est cependant essentiel qu'il soit rempli par une actrice intelligente. Expliquez-moi donc les motifs du divorce des sieur et dame Darboville ; j'ai toujours entendu dire qu'ils faisaient le meil- leur ménage du monde, même lors de mon dernier séjour à Lyon. Qui a pu jeter ainsi les pommes de discorde entre les deux époux , quel est celui des deux qui a demandé le di- vorce, que deviendront les enfants? Et celte fameuse demoi- selle Jo/ly est-elle toujours au théâtre des Terreaux ? sa verfu a-t-elle enfln fait naufrage? Nomme-t-on l'heureux posses- seur de ses charmes? Acquierl-t-elle vraiment du talent? Et M mo R..,.. est-elle toujours au théâtre; comment s'arrange- t-elle avec la dame Screulzer, car il me semble que c'est le même emploi? Vous revenez avec complaisance sur celle dernière pour m'apprendre qu'elle joinl l'exercice des vertus à celui de ses lalenls. Je l'en félicite, et, si elle en agissoit autrement, je félicilerois celui qui l'auroit fait succomber. Du reste, sans prétendre diminuer le mérite de sa bonne con- duite, il me semble qu'elle en a peut-être moins qu'une autre, son mari étant très-joli garçon; du moins il m'a paru tel au théâtre; et j'aime à croire qu'il est également bien à la ville. Elle ne seroit peut-être pas également flattée de ce que vous ajoutez, qu'on lui fait fort peu la cour ; qu'en savez-vous? Comment concilier cette indifférence avec le goûl de la foule et le bruit de ses succès? Je veux croire, au contraire, pour l'honneur des Lyonnois, qu'elle aura plus d'un assaut a sou- tenir; et pour celui de sa vertu, qu'elle en sortira toujours triomphante. Vous ajoutez encore une chose que je ne com- prends pas: elle aura, dites-vous, les appointements qu'elle voudra. Est-ce que ces appointements n'ont pas été réglés