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282               DE LA VALËUIt HISTORIQUE
temporains : leurs dépositions sont ce qu'il y a de plus cer-
tain dans l'histoire de ces âges reculés.
   On a remarqué le grand nombre d'emplois ou de dignités
dont sont accompagnés certains noms inscrits sur les pierres
tumulaires. Quintus Hedius, Caius Julius Celsus Maximianus,
Gaius Furius Sabinius Aquila, Tiberius Claudius Quartinius,
Lucius Aurelius, Tiberius Antistius, Lucius Marius, doivent
être cités parmi les fonctionnaires qui ont cumulé le plus de
places et d'honneurs. Il y a beaucoup a apprendre dans ces
listes : elles aident puissamment a comprendre le mécanisme
de l'administration romaine dans les Gaules et le secret de
ses institutions. Ces dignités n'avaient pas une valeur égale, et
on ne les obtenait pas toutes sans certaines conditions d'hié-
rarchie. 11 fallait avoir passé par quelques-unes pour arriver
à d'autres ; ainsi l'édilité et le triumvirat précédaient la cen-
sure ; ainsi le service militaire était obligatoire pour entrer
dans le sénat, sinon toujours de fait, du moins en principe.
 Dans la Ségusiavie ou, pour être plus exact, dans la Colonie
romaine deLugdunum, le Décurionat, charge d'un ordre se-
condaire, conduisait à des emplois plus élevés. Quintus Julius
Severinus, promu à tous les honneurs parmi les siens, et a
qui les trois provinces des Gaules décernèrent deux fois des
statues, fut sans doute patron des nautes du Rhône et de la
Saône avant d'être inquisiteur. Minthatius Félix fut aussi pa-
tron des nautes avant d'être curateur des marchands de vin.
Cette voie nouvelle, que M. Léon Renier a indiquée dans son
travail sur Cervidia Vestina, est féconde en révélations.
    L'épigraphie comparée offre d'utiles enseignements : telles
inscriptions recueillies dans une localité déterminée, à Lug
dunum par exemple, peuvent être interprétées par d'autres
qu'on a trouvées dans d'autres contrées. En les rapprochant
les unes des autres, on parvient a rectifier l'orthographe de
noms propres, altérées sur quelques pierres soit par le temps