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242 BIBLIOGRAPHIE. Nous trouvons ensuite une introduction. C'est un fouillis de réflexions philosophiques sur l'art de reproduire la pensée; des dissertations sur Jacob, sur les Babyloniens, sur les chrétiens, que nous n'aurions pas voulu enten- dre appeler des sectateurs ; de considérations diverses sur le sentiment, sur la langue latine, sur le style, l'orthographe, la forme des lettres, la prove- nance des monuments, et de plus sur les obligations de la place de Conser- vateur, toutes choses dont nous ne garantissons pas l'exactitude. Nous lais- sons encore une notice sur le palais Saint-Pierre dont M. Comarniond fait remonter l'origine à l'époque de la mort de saint Irénée, et dont il attribue la fondation à un seigneur nommé Albert, ce qui nous semble au moins fort aventureux. M. Comarmond donne ensuite l'explication de di- verses formules. Nous avons été surpris de ce qu'en rapportant les opinions des archéologues sur l'ascia , il a passé sous silence celle que M. de Boissieu a développée dans son savant ouvrage. C'est un tort ; car un Conservateur ne doit pas laisser planer sur lui le soupçon de n'être pas au courant des ouvrages publiés dans le lieu de sa résidence, et sur des questions qui doi- vent lui être si familières. Le singulier classement du musée devant exposer le commentateur à des redites toutes les fois qu'une charge, une dignité, une profession se représen- terait à des numéros différents, M. Comarmond a fait précéder son travail d'explications préliminaires. C'était une heureuse idée; mais, pour qu'elle de- vînt utile et applicable, il fallait que ces explications fussent toutes spéciales et rédigées en vue des monuments et de notre histoire locale qu'elles de- vaient éclaircir. Il n'en a malheureusement pas été ainsi. Ces notions pré- liminaires ne sont qu'un mélange confus de traditions vulgaires prises çà et là . Incomplètes comme notions générales, elles sont pour la plupart sans application à l'étude de l'épigraphie lyonnaise. C'est de la science de com- mençant, étrangère à tous les travaux par lesquels les Beaufort, les Henec- cius, les Heeren, les Savigny, les Nieburh et tant d'autres plus récents ont éclairé l'histoire, l'administration et la jurisprudence romaines. Que nous font les vestales, les sybilles, le sénat romain, les proconsuls, les questeurs à nous autres provinciaux soumis au régime des procurateurs césariens ? Ce qu'il nous importe de connaître, c'est notre mode d'agrégation à l'em- pire ; ce sont les charges de toute nature qui pesaient sur nous ; ce sont nos magistratures euriales, leur hiérarchie, leur responsabilité ; c'est un ensemble d'institutions qui a laissé de profondes racines dans nos mœurs, ce sont nos corporations si puissantes , nos assemblées nationales, instru- ments tantôt serviles, tantôt rebelles des maîtres du monde. Étudiée en dehors de ces vues utiles et pratiques, l'épigraphie n'est plus qu'une science