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               NOTICE SUR LE BARON RAMBAUD.                   201

 volontés incertaines; la fermeté qui décourage les volontés
ennemies. Or, le baron Rambaud était le type vivant de l'une
et de l'autre de ces vertus ; la modération était le fonds môme
de son caractère ; la fermeté, il en avait donné des preuves
jusque sous les poignards révolutionnaires.
   Rendu a la vie privée, le baron Rambaud n'eut pas long-
 temps à en jouir. Le gouvernement ne tarda pas à compren-
dre le prix des services dont il s'était privé; il offrit au baron
Rambaud la mairie de Lyon.
   On était alors en 1818. Les troupes alliées venaient de
quitter le sol de la France, en y laissant les traces profondes
de leur 'passage. Les maux de la disette s'étaient joints à
ceux de l'invasion. La patrie souffrait tout entière, mais
nulle part ses malheurs ne sévissaient aussi cruellement qu'à
Lyon.
   Sous lé rapport moral, les troubles politiques de 1816 et de
1817 encore palpitants, les esprits exaspérés par les sanglan-
tes catastrophes qui en avaient été la suite, les populations
profondément déchirées par les dissensions de partis ; sous le
rapport matériel, les finances de la ville épuisées par les con-
tributions militaires, notre commerce anéanti par la guerre
intérieure, notre grande industrie péniblement occupée à se
relever de sa chute ; en un mot, les désastres du passé à répa-
rer, les passions du moment à contenir, la prospérité de l'a-
venir 5 préparer , tel était l'état des choses à Lyon, quand le
gouvernement du roi appela le baron Rambaud à l'adminis-
tration de cette grande cité.
   Il refusa d'abord. Il refusa, soit que sa modestie s'effrayât
d'un fardeau que les circonstances rendaient si lourd, soit
que la rigueur qui l'avait accueilli d'abord, l'eût mal disposé
au concours qu'on lui demandait aujourd'hui. L'insistance
ministérielle augmenta, à mesure que les refus persistaient.
Enfin arriva une dernière dépêche de M. Laine. Le ministre