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LES RUINES D'ATHÈNES. 93 « Sur ces mers dont l'azur à mon œil est si beau « D'autres bords moins fameux ont caché mon berceau, « Mais en ces lieux la gloire accueillit mon génie ! <.< Et ma muse revient vers la rive bénie « Comme, après les frimas, un oiseau voyageur « Revient au nid désert témoin de son bonheur. « Ici, des fils divins, nourrissons de ma lyre, « Ont sucé dans mes chants leur immortel délire ! « J'inspirais Phidias lorsqu'il créait des dieux « Et du foudre vengeur armait le roi des cieux; « Du haut de ce rocher dont la cime suprême « S'élève sur l'Attique ainsi qu'un diadème « J'aperçois la tribune où, luttant contre un roi, « Démosthènes vainqueur se souvenait de moi t « Du fils de Sémélé voilà l'illustre scène, « Les délices, l'orgueil et l'ornement d'Athène ! « Là , Sophocle, Euripide ont fait couler des pleurs ! « Là le fatal Eschyle, entouré de terreurs, « Ranima du Titan la douloureuse image !.. « Ce tertre, ces débris furent l'Aréopage !.. « Et vous, asile frais, jardins d'Académus, « Vos platanes rêveurs que sont-il devenus?... « Quand l'erreur s'étendait sur la terre abusée « De l'antique raison vous étiez l'Elysée! « La chaste Vérité voilée à notre amour « Versa quelques rayons sur cet heureux séjour!.. « Aux doux sons de la lyre errants sous vos ombrages « Les héros grandissaient en écoutant vos sages ; « Dans les fleuves féconds abreuvant leurs rameaux « Tels de hauts peupliers croissent au bord des eaux ! « Hommes, jours radieux qui remplissez l'histoire, « Devant mon œil ému passez dans votre gloire, « Sereins et triomphants comme nos demi-Dieux « Ou ces soleils lointains répandus dans les cieux !