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92 LES I5U1NES D'ATHÈNES. Et les jasmins fleuris qui croissent dans la poudre Ont couvert ses autels de leurs riants réseaux!.. Sous les bois d'oliviers reposent les oiseaux ; Tout bruit cesse •. on n'entend qu'une mourante brise Porter à l'Ilissus les soupirs da Céphise, Et, de quelqu'autre Eumée, aux blancs troupeaux bêlants, Dans la plaine aboyer les dogues vigilants. Un imposant vieillard des marches ébranlées Franchit la large dalle et monte aux Propylées ; La fleur de l'immortelle entoure son beau front ; Ses traits sereins du Temps ont repoussé l'affront ! Sur son manteau de pourpre où l'or éclatant siège Flotte sa chevelure en longs flocons de neige ; Dans ses puissantes mains luit une lyre d'or Qui sous son œil de feu semble frémir encor ! A pas lents il parcourt ces ruines aimées, D'un doux tressaillement à sa vue animées, Puis il chante... et les flots qui portèrent Argos Conquérir la toison suspendue à Colchos, Qui virent de Paris les amours et la joie Et la Grèce entrainée à la perte de Troie, Que l'indomptable Achille étonna de ses pleurs Et dont le sage TJlyse affronta les fureurs , Cette onde harmonieuse où naquit Cythérée, En baignant Salamine, Eleusis, le Pirée, Accompagnaient de loin de leurs cris gémissants, Comme un orgue infini, les nocturnes accents. « Restes majestueux ! sacrés murs où la Grèce « Sous le nom de Minerve adorait la sagesse ; « Temple de la Victoire , autel de la Pudeur, « Autel de l'Amitié cher à tout noble cœur, « Images des héros qu'admire encor la terre « Reconnaissez ma voix!., je suis l'ombre d'Homère !