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                  DISCOURS DE M. BOUILL1ER.                   397
tieisme ancien, à une guerre de chicane et de détail contre nos
facultés intellectuelles, condamne tout d'abord et à jamais notre
intelligence à ne saisir que des apparences, par cela seul qu'elle
est intelligence humaine.
   Ainsi, Messieurs, tout en gardant la liberté qui leur convient,
nos cours présenteront plus d'ensemble, ils auront un commen-
cement, un milieu et une fin dans un temps déterminé. Par là
nous espérons attirer à nous un plus grand nombre de jeunes gens
studieux, qui tiendront à honneur de couronner leurs études dans
les collèges par un stage de trois ans dans les cours de l'ensei-
gnement supérieur des lettres. D'un autre côté, nous espérons
bien aussi ne pas perdre au bout de trois ans nos anciens et
fidèles auditeurs, et tous ceux qui voudraient nous honorer d'une
plus longue assiduité, par le soin que nous aurons de varier nos
leçons et même nos sujets, dans les limites du programme, au
retour de chacune des périodes triennales de notre enseignement.
Sans doute, nous eussions aimé à voir nos chaires entourées de
la jeunesse des écoles, mais enfin jusqu'à présent, grâce aux amis
des lettres et de la philosophie répandus dans toutes les classes
de cette grande cité, nous avons pu nous en passer, et nous espé-
rons pouvoir nous en passer encore à l'avenir. Ce que d'autres
ont gagné en auditeurs obligés, notre ambition, Messieurs, sera
de le gagner en auditeurs volontaires, quoiqu'il nous faille tou-
jours lutter contre les mêmes obstacles matériels que je signalais
l'année dernière, quoique nous ne puissions mettre nos cours aux
heures les plus convenables pour le grand nombre.
   Des cours je passe aux examens, auxquels la réforme du bac-
calauréat a donné, cette année, un intérêt particulier. Le nombre
des candidats qui, l'année dernière, était de 460, n'est plus que
de 342, et il faut s'attendre à le voir diminuer encore davantage,
le baccalauréat ès-lettres n'étant plus, comme autrefois, la porte
unique des carrières libérales. Sur ces 342 examens, il y a eu
204 ajournements. Mais il importe de considérer à part les deux
sessions d'avril et d'août qui, à cause de la première application
du nouveau programme, renferment des avertissements plus di-
rects pour les candidats de l'année prochaine. Or, dans ces deux