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ÉLOGE DE LOUIS-GABRIEL SUCHET. 219 point mêlées aux discussions pénibles qui suivent de fatals mécomptes. Suchet échappa en partie aux vicissitudes de pensées que d'autres subirent sous des gouvernements dont il n'eut pu épouser qu'à demi les prétentions elles doctrines. 11 échappa aussi à la polémique qu'il aurait eu à supporter de la part des immodérés et des violents, pour quelques-uns des ses actes de transaction el de conciliation , les meilleurs même et les plus mémorables. Enfin, il n'eut point à souffrir dans sa conscience de ses revirements politiques successifs qui bri- sent toujours plus ou moins l'unité d'une belle vie. La sienne fut complète, droite et glorieuse. Elle se couronna, en finis- sant, d'honneurs proportionnés à ses mérites. Le maréchal a laissé après lui une tendre épouse , qui passe le reste de sa vie dans les regrets , et des enfants qui font aujourd'hui mieux que nous l'éloge de leur père. Ils étaient en bas âge, lorsque ce père fut ravi à leur tendresse. Ces enfants sont aujourd'hui au nombre de deux : Napoléon Suchet, duc d'Albuféra , el Mme Louise Suchel , épouse de M. le comte Mathieu de la Redorte. Lorsque celte noble vie venait de s'éteindre, rien ne pou- vait calmer la douleur de Mme la duchesse d'Albuféra. Unie par les nœuds sacrés à un époux chéri et digne de l'être , elle fil voir par sa douceur , par ses égards et par sa ten- dresse pour lui, que la véritable piété ne fait qu'ajouter plus de charme et de fidélité à l'affection conjugale ; et si elle témoigna par sa douleur combien il lui avait été cher, elle montra par sa constance que celui qui n'abuse point du bon- heur ne se laisse point non plus abattre par l'adversité. L'éducation de son fils, alors âgé de 13 ans , était le prin- cipal motif qui l'arrachait à sa retraite ; et c'est à ce sujet qu'elle écrivait à un Lyonnais, peu de temps après la perte cruelle qu'elle avait faite, ces simples et touchantes paroles