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                   BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.                      91

jusqu'à Digne, ils ont constitué plus tard une partie notable du
 Dauphiné. 11 continue ainsi à décrire les régions alpines occi-
 dentales.
    De l'est de l'Allobrogie, il passe au nord et à l'ouest. Il décrit
 les Àntuates ouNantuates, anciens habitants de la Bresse, et les
Sébusiaves ou Ségusiaves, correspondant aux peuples du Lyon-
nais ou du Forez. Malheureusement cette description qui nous
eût tant intéressés n'a pas autant de développement que nous
l'aurions désiré. Puis, enfin, retournant vers l'Est, il donne une
division des Alpes , et il nous fait connaître les Garucelles de
Saint-Jean-de-Maurienne , les Véragres d'Octodure, peuples du
Valais, les Salasses de la vallée d'Aoste et d'autres peuplades
barbares qui les ont jadis habitées. Enfin il donne une indication
assez précise des sept routes qui anciennement conduisaient de
la Gaule dans l'Italie, routes que , dès la plus haute antiquité,
des armées gauloises traversèrent plus d'une fois ; et il ajoute
qu'en son temps on avait ouvert bien des voies nouvelles et rendu
les anciennes plus praticables.
   Ce serait se faire une idée inexacte de la méthode de l'auteur
 Dauphinois , même dans ce premier livre, de penser qu'il se
borne à une sèche nomenclature de noms et à de stériles indica-
tions de lieux. Il y mêle une foule de notions intéressantes sur
les mœurs de ces peuples, sur leur industrie, sur leur histoire ,
sur l'importance historique de leurs villes , sur les monuments
et les inscriptions qu'on y trouve, sur les traditions qui s'y
rattachent. Il cite, à l'appui de ce qu'il en dit, les anciens géo-
graphes , les vers élégants d'Ausonne et de plusieurs autres
poètes. On voit qu'il cherche à répandre de l'agrément sur une
matière un peu aride. Pour intéresser les érudits, il n'oublie
pas d'indiquer les passages fréquentés de César dans ses pre-
mières expéditions en Gaule, et les peuples qui lui opposèrent de
la résistance. Il ajoute, même parfois à ses récits , des réflexions
très-philosophiques et d'une haute portée; ainsi, après avoir
raconté les vicissitudes de la maison d'Orange qu'il croyait sur le
point de s'éteindre, il dit : « Voilà la stabilité des choses delà
• terre ! Tout périt ici-bas, excepté les vertus qui nous conduisent
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