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BELLEY. 21 cisive contre celte assertion de Bellua, en ce que les titres les plus anciens du moyen âge, écrits en latin, nomment Belley Bellilium, et non Belluacum. L'argument, en effet, qui consiste à expliquer l'origine d'une ville gallo-romaine par une interprétation étymologique, puisée dans des docu- ments écrits en latin, les plus rapprochés de cette origine, résout la question. On comprend que des annales ou des chartes d'une époque où la langue française était à peine a son berceau, doivent reproduire les noms probables des loca- lités du temps des Romains et qu'il faut recourir à celle source pour avoir, dans toutes les discussions de celle nature, les notions les plus exactes. Nous trouverons dans les anti- quités de Belley de plus vives lumières sur son origine et sur son importance pendant la période romaine. Avant cet exa- men, une considération es! digne de remarque; c'esl qu'in- dépendamment de ses monuments romains, l'importance de cette ville est démontrée implicitement par un fait historique. Guichenon , d'après Chifflet, rapporte que le siège épiscopal de la Colonie équestre, soit de Nyon, sur les bords du Léman, fut transféré à Belley, en l'année 412, el que le premier évê- que de ce nouveau diocèse se nommait Audax (1). Au surplus, la présence de Vincentius, troisième évoque de Belley, au concile de Paris, en 555, confirme ce fait. Or, si, en 412, époque où l'empire n'élail pas encore devenu la proie des Barbares, Belley était une ville digne d'un siège épiscopal, on peut parler avec certitude de son importance sous la do- mination romaine. M. de Moyria, dont l'altenlion ne s'est pas arrêtée, sans doute, sur cette translation el sa date, fait, d'ailleurs, sur Bel- ley des observations exactes, à l'exception de ce qu'il dit des anciennes chroniques. « Des monuments irrécusables, dit-il (1) C.liifflet, De Loco légitima cottcilii Kpaonensii.- -Bisuutio civitas tmp.