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20 BELLEY. moines de Belley, qui ont écrit sur cette ville, et qui, sans esprit de critique et sans érudition, ont pris pour des réali- tés, les rêves de leur imagination. Ainsi, par exemple, Fodéré raconte gravement que, longtemps avant Jules César, Belley était une ville grande et agréable , où ce conquérant de la Gaule prenait plaisir à se délasser des fatigues de la guerre. L'origine de Belley a été aussi l'objet d'une foule de ques- tions étymologiques, conjecturales, dont je dois reproduire celles qui me paraissent avoir quelque couleur de vraisem- blance. Belley a-t-il été, avant sa fondation, un champ de ba- taille, belli locus? Un temple de Bellone avait-il été érigé en ce lieu, du temps des Romains? La déesse Cybèle, qui cer- tainement y était honorée, lui a-l-elle donné son nom, en ad- mettant la suppression de la première syllabe de ce nom, modification facile à expliquer par l'altération qu'ont subi la plupart des noms de localités? Enfin , Belley tiendrait-il son nom de bellus locus, à une époque de décadence de la lan- gue latine , étymologie que justifie d'ailleurs l'agrément de son paysage? Ce nom, au contraire, aurait-il sa"racine dans la langue celtique, comme le prétend le savant auteur des Antiquités helvétiques, dont j'exposerai le système? Toutes ces questions ont été posées et soutenues soit par écrit, soit verbalement; quelques-unes sont spécieuses; mais aucune n'est produite avec une grande démonstration de probabilité. On a encore allégué que, jadis, les collines de Belley étaient «ouvertes de forêts, peuplées de bêtes sauvages, belluœ, et qu'il a reçu son nom de cette circonstance locale. A l'appui de celle opinion, on fait observer que les armoiries de cette ville portent un loup, et que, de temps immémorial, un de ses faubourgs est appelé la Louvatière. Mais ceux qui trou- vent l'élymologie de Belley dans Bellum ou Bellona peuvent aussi s'en prévaloir, puisque le loup était consacré au dieu de la guerre. Pour moi, j'ai une raison qui me paraît dé-