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DU COURS DE PHILOSOPHIE. 425 d'avoir bien compris, sera enseigné un jour dans les écoles primaires. Je ne veux pas dire non plus que la multitude comprend la langue de la métaphysique et qu'il faut lui prê- cher en cette langue. Mais je prétends que tout principe philosophique peut être exprimé en termes populaires, et mis à la portée de la foule, à l'aide d'un plus ou moins grand nombre de transformations , je prétends que sous une forme ou sous une autre , tout principe philosophique, possède une clarté naturelle qui le rend accessible au grand nombre des intelligences, en vertu de sa conformité avec la raison uni- verselle. Pour vous convaincre de celte clarté naturelle, incohé- rente aux principes de la philosophie, considérez qu'en dernière analyse tout système de philosophie vient se réduire à une certaine idée de Dieu, et à une certaine idée des rapports de l'homme et du monde avec Dieu. Trouver en s'appuyant sur les données de la conscience , une hypothèse qui rende compte de la nature de l'homme , de son avenir , de la nature de Dieu , de ses rapports avec le monde , de sa providence, du bien et du mal, qui explique tous ces grands faits d'une manière satisfaisante pour la raison , voilà le but dernier que poursuit toute vraie philosophie. Examinez tous les grands systèmes de philosophie qui se sont succédé dans l'histoire, dégagez-les de leur appareil scientifique , allez au fond de leurs formules , vous n'y trouverez pas autre chose qu'une certaine idée de Dieu , de l'homme et de leurs rapports susceptible d'être exprimée sans le secours d'auCun terme technique , en une langue claire et nette qui la rende accessible à l'intelligence du vulgaire. Je ne puis en donner de meilleur exemple que le système de Spinosa. Il est peu de systèmes qui soient plus compliqués , plus obscurs dans la forme , il en est peu qui soient plus clairs et plus nels dans le fond , c'est-à -dire dans leur pensée dernière et fondamen-