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          LES MÉDECINS ET LES CHIRURGIENS,       ETC.       319

elle n'enseigne pas des découvertes, peut-elle encore servir
à la fois de récompense au mérite et à la vertu, et d'exemple
à la postérité.
   A cette époque, on voyait fréquemment surgir des mala-
dies contagieuses qui décimaient les populations et faisaient
de nombreuses victimes parmi les médecins et les chirurgiens
qui se dévouaient au service des malades.
   En 1626, il régna une grave épidémie de dyssenterie; en
1627 et 1629, le scorbut et la stomatite firent beaucoup de
ravages ; le plus souvent les chroniques manuscrites se bor-
nent à désigner le mal sous le nom de peste ou contagion.
   L'Hôtel-Dieu, comme tous les établissements de cette épo-
que, laissait beaucoup à désirer sous le rapport hygiénique :
le local était insuffisant; les infirmeries se trouvaient encom-
brées de malades qui, couchés deux à deux, guérissaient dif-
ficilement et lentement dans cette atmosphère viciée; en
1625, on sentit le besoin d'établir une salle de convalescents;
et, en 1636, on s'occupa de nouveau d'améliorer leur loge-
ment; il est à regretter que cette disposition n'existe plus
aujourd'hui.
   Le médecin fit remarquer, en 1630, que l'eau du puits
de la pharmacie était gâtée et corrompue, « ce qu'il estima
procéder des esgouts des latrines qui sont proches dudit
puyts. » On remédia à ce grave inconvénient.
   Les salles de chirurgie surtout étaient défectueuses: en
1630, les hommes de l'art représentèrent qu'elles étaient
malsaines, humides et sans air; c'était une amélioration u r -
gente: le conseil administratif s'en occupa. Elles étaient de-
venues trop petites ; en 1636, on les fit agrandir.
   J'ai cherché à établir la statistique progressive de l'Hôtel-
Dieu dans ses rapports avec la population de Lyon. Je suis
parvenu à compléter ce tableau pour l'hôpital: J'ait fait voir
qu'il contenait 120 malades en 1559, et 258 en 1580 ; l'in-