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126                      TABLEAU ET SAC DE ROME.

l'extravagance de la cour d'Honorius. Quand le roi
des Goths parut avec son armée, le sénat voulut retar-
der au moins la ruine de la Capitale, mais on ne put
défendre Rome contre la secrète conspiration des es-
claves et des domestiques, que la naissance ou l'inté-
rêt attachait au parti des Barbares. Dans le silence
de la n u i t ( l ) , ils ouvrirent donc la porte Salarienne,
et les habitants se réveillèrent au bruit redouté d e l à
trompette des Goths (24 août 410). Onze cent soixante-
trois ans après sa fondation, celte ville superbe, qui
avait dompté la plus grande partie du monde (2), fut
livrée à la fureur des Scythes et des Germains (3) ; de
peuples qui avaient un aspect et un langage terribles,
et qui, avec des figures féminines, des visages rasés,
avaient chassé devant eux des hommes auxquels man-
quait moins la barbe que le courage (4).
   Saint Jérôme applique au sac de Rome les lamen-
tables expressions de Virgile peignant la chute d'I-
lion (5). Ce fut un horrible spectacle que celui de cette
reine du monde livrée, six jours durant (6), au mas-
sacre, au pillage, à la sauvage lubricité de ces hordes

  ( i ) Saint Jérôme, Lettres, tom. v, pag. 3 o 8 .
  (2) Capitururbs, quae totum cepit orbem. Saint J é r ô m e , ibid.
  (3) AdestAlarieus/trepidamRomamobsidet, turbat, irrumpit. Oros. vri, 39.
  (4) At nunc magna pars Romanae urbis quondam Iudaeac                 similis est,
quod absque      ira Dei factum non p u t a m u s , qui nequaquam      contemptum
sui per Assyrios ulciscitur et Chaldaeos, sed per feras gentes et quondam no-
bis incognitas, quarum vullus et sermo terribilis est, etfemineas faciès prae-
ferentes, virorum, et bene barbatorum, fugientia terga confodiunt.        Comment.
in Isai., pag. 7 5.
  (5) Aen. ir, 3 6 r - 5 ,
  (6) Marcellin., in Chron. Oros., m , 3 9 , met trois jours, mais celte diffc-