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 204                   VINGT-SEPT ANNEES

 c'est le débarquement de nos troupes à Eupatoria, en
 Crimée; c'est la bataille de l'Aima, 20 septembre 1854, que
 racontent Vico et le colonel Cler.

       « Les Russes, au nombre de 40.500 hommes environ,
  dont six mille cavaliers, avec une centaine de bouches à feu,
 dont beaucoup de gros calibre, occupaient sur la rive gauche
  de l'Aima une position que rendaient formidable la configu-
 ration du terrain, la rivière encaissée qui lui servait de
  fossé et les batteries de position placées derrière des retran-
 chements. Les Russes considéraient cette position comme
 imprenable, et les plus réservés comptaient, à ce qu'il paraît,
 nous y arrêter au moins trois semaines. En trois heures,
 c'était fait ! Je crois que jamais les troupes n'ont montré
 plus d'élan, d'ardeur et d'intrépidité. Chacune des deux
 armées a bien montré là les qualités particulières qui les
 distinguent. Deux officiers généraux russes, quelques
 officiers et un certain nombre de soldats, trois canons et
 deux drapeaux sont restés en notre pouvoir. » —• Ecoutez
 maintenant ce coup de clairon si français : « Mon régiment
 (le 2" zouaves), écrit le colonel Cler, vient d'ajouter une
 page des plus glorieuses à son histoire : il a enfoncé, entre
 midi et trois heures de l'après-midi, avec une partie-de la
 i r e brigade de la 1" division, le centre de l'armée russe,
placée sur les hauteurs qui dominent le cours de l'Aima,
rivière encaissée, profonde et fangeuse. J'ai eu l'honneur
encore d'aborder le premier une tour en construction,
placée sur la clef même du front de bataille (de retraite)
des Russes et de planter le premier les couleurs de la
France, au cri de : « Vive l'Empereur ! » sur l'échafaudage
de cette tour. Le Maréchal m'a promis que le nom de
l'Aima serait brodé sur mon drapeau et le Prince (Jérôme