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•131                    LlTURtilK LYONNAISE.
 douteux et de musique profane, lui paraissent aussi peu favorables
 au recueillement que les appariteurs à baguette et eu habit noir
 qui ont remplacé le grave bedeau. Il regrette alors les subîmes
 Bénédictions de sa ville natale, données dans le silence, pré-
 cédées des antiennes consacrées par l'admiration des siècles ;
 avant que les organistes n'eussent imaginé d'accompagner de
 leurs capricieuses rêveries le moment où le prêtre élève le Saint-
 Sacrement sur la foule prosternée, et même de couvrir sa voix
 quand il récite l'oraison que les fidèles doivent entendre et suivre.
    Ce n'est pas à dire que tout soit parfait chez nous, et que nous
 n'ayons pas aussi quelques abus à extirper pour arriver à la per-
 fection dans le cérémonial religieux. 11 n'est pas moins vrai que
 la gravité et la poésie ont tellement pénétré les chrétiens de
 Lyon, grâce à la liaison intime de leur liturgie avec l'histoire de
 leur cité, qu'avec eux il est toujours facile de.revenir aux con-
 venances et au véritable esprit des pompes ecclésiastiques.
    Commençons donc par mettre sous les yeux de nos lecteurs
 un passage peu connu du Voyage littéraire de deux religieux
 bénédictins de Saint-Maur. Paris, 1717. Nous le citons d'après
 un extrait inséré dans le tome 6 des ARCHIVES historiques de
 Lyon. Les auteurs, dom Martène et dont Durand, s'expriment
 ainsi sur les offices de la primatiale de Saint-Jean.
    « On ne sait là ce que c'est que la musique, mais le plain-
chant qui se chante par cœur est si grave et si beau, qu'il n'y a
point de musique qui en approche ; il enlève tous ceux qui l'en-
tendent. On ne dit point d'hymnes après les psaumes ; après le
Magnificat, on répète deux fois l'antienne
   Le Benedicamus Domino fut chanté par 18 enfants de chœur,
après quoi on fut dire Complies à un autel du chœur. »
   A la messe solennelle, « il y avait cinq prêtres, cinq diacres et
cinq sous-diacres. Ils entrent, après la procession, par la porte
du sanctuaire, et, lorsqu'ils sont arrivés en haut du chœur, le
sous-diacre qui doit chanter l'Épitre fait la révérence au célé-
brant et va s'asseoir à la première des basses chaires du chœur,
la mitre en tête et ayant à ses côtés les autres sous-diacres
assistants qui demeurent là jusqu'au Gloria in excelsis, les