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ttarirife. CONCERTS. Le vent est aux concerts : jamais notre ville n'a été prise d'un tel accès de mélomanie et ce n'est pas nous, certes, qui nous en plaindrons. D'abord, atout seigneur, tout honneur, le concert annuel de M. George Hainl, au Grand-Théâtre, a été un des plus beaux et des plus complets dont nous ayons depuis longtemps gardé le souvenir; aussi a-t-il fallu en donner un second pour satisfaire le public. Après eux, le samedi 17 mars, a eu lieu le concert annuel de la Société de St-Vinccntdc Paul, et la salle de l'ancien cercle musical, choisie pour cette réunion charitable, nous a paru plus étroite qu'à l'ordinaire. — Une société d'élite se pressait dans ses couloirs et les commissaires de la fête avaient peine à faire placer toutes les dames.—M1,e Wertheimber, de l'Académie impériale de musique, a montré dans quatre morceaux différents de style une voix de contralto puissante et souple à la fois. —M. Dutertre et M me G... ont bril- lamment exécuté un duo de harpe dans lequel ils ont rappelé tour à tour les plus beaux motifs du Prophète. M. Pontet, notre habile violoniste, et la société chorale, sous la direction de M. Jansenne, ont partagé les applaudissements de. la soirée que M"e Wer- theimber est venu accaparer en dernier lieu dans la Berceuse de Weber, belle romance traduite de l'allemand que toutes les mères ont redemandée. Le mardi, 20, c'était le tour de MM. Gœury et Didier, au cercle musical, et de Miramont, à l'Hôtel de Provence, deux concerts le même jour ; nous allions oublier MM. Flcury et Alexandre, deux chanteurs comiques de notre ville,'qui s'étaient fait entendre une semaine auparavant au cercle musical. Le 2 5 , l'Union musicale donnait son concert pour les pauvres. Puis M11" Francia Rey, la jeune pianiste aveugle, est venue quêter et a obtenu les suffrages et les sympathies de notre public lyonnais, enfin voilà que M, Pontet a donné aussi son concert annuel avec le concours de l'élite de nos artistes et de nos amateurs ; puissent les succès obtenus par tant d'artistes de mérite, encourager de nouvelles réunions pour cette année et l'année prochaine , et que bientôt notre ville perde cette réputation, si in- justement acquise, de ne pas être sensible au charme des arts libéraux. Cet hiver a répondu pour ce qui concerne la musique. Paris verra dans quelques jours, au milieu des chefs-d'œuvre de sa grande exposition, comment on cul- tive la peinture à Lyon et comment la seconde ville de France sait garder son rang non seulement dans l'industrie, mais aussi dans les beaux-arts. V. P. AIMÉ VINQTRIHIER, directeur-gérant.