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M4 DE L'ARCHITECTURE
admis, de le suivre jusque dans ses dernières conséquences.
C'est celte architecture qui sut donner à laCalhôdrale ces pro-
portions gigantesques, cet air si extraordinairemenl grandiose
et inspiré qui ne laisse froid devant elles aucun de nous.
Et, cependant, c'est là aussi celte architecture qu'un dédain
injuste, immérité, excessif, avait fait à peu près complètement
oublier depuis près de deux cents ans jusqu'à ces dix ou quinze
années passées.
La réaction devait se faire et elle se fait. Elle se fait vive,
entraînante , passionnée el, j'ose le dire, (car il n'y a qu'un
degré de la passion à l'exagération), exagérée maintenant dans
un autre sens el à ce point qu'on peut presque se demander
avec inquiétude :
« Où s'arrêlera-l-elle ?
Une foule de jeunes artistes de talent se sont depuis ces
quelques années dernières, adonnés d'une manière toute spé-
ciale à l'étude de celle architecture délaissée. Pleins d'ardeur,
ils ont dessiné, mesuré , moulé jusqu'aux moindres détails
gothiques. Des publications de toutes espèces , et je ne me
chargerais pas d'en faire la nomenclature, en ont répandu le
goût, je pourrais dire la mode, el de là est venue la troisième
école dont nous parlions loul à l'heure, celle des archéologues.
Qu'on y prenne garde, pour avoir un but louable, cette nou
velle école pourrai! bien faire fausse roule en s'écarlant de
son but.
Qu'un zèle irréfléchi ne nous aveugle pas el si un dédain
immérité a fait longtemps fermer les yeux devant les beautés
de nos antiques cathédrales, gardons-nous qu'un excès con-
traire ne nous fasse fermer les yeux devant d'autres beautés,
el surtout, ue nous ferme les routes de l'avenir.
Au point où en sont venues les choses, il y a presque lutte
cuire l'architecture et l'archéologie alors que l'une ne devrait
élre que l'auxiliaire de l'autre. Comités d'archéologie, restau