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ET DES SCIENCES. Îl7 Le culte, toujours en rapport avec l'idée que nous nous faisons de Dieu, ne se borne pas à l'adoration, à la recon- naissance et à l'amour. Craignant la colère des dieux, con- vaincus de la puissance avec laquelle ils changent le cours naturel des choses, les païens intercèdent par la prière, par les offrandes et par les sacrifices; ils demandent aux dieux, non seulement des faveurs compatibles avec l'ordre régulier du monde, mais des prodiges qui dérogent a ses lois ; s'ils veulent sonder les profondeurs toujours si mys- térieuses de l'avenir, ils n'ont pas recours a des calculs basés sur des lois, ils invoquent les oracles, organes de la Divinité. Qu'on se demande à présent l'idée que se feront de Dieu les jeunes hommes nourris de l'étude des scieaces et ceux qui sont familiarisés avec les lettres antiques, l'on sera frappé de l'abîme qui sépare ces deux ordres de conception. D'une part, un Dieu en quelque sorte retiré du monde et le gouvernant par les produits de ses créations primitives ; un Dieu dont le culte se borne a l'adoration et au respect, au- quel il est inutile d'adresser des prières et de faire des sacri- fices, comme il serait étrange de lui demander des prodiges et des oracles. De l'autre, un Dieu vigilant, terrible, agissant sur l'homme d'une manière incessante, révélant l'avenir,créant des prodiges à son gré, se laissant fléchir par la prière et se ren- dant plus favorable encore par des sacrifices sanglants. Constatons ces différences, et demandons-nous a présent quelle est la notion qui se rapproche le plus de la vérité, quelle est celle qui est la plus moralisante, et qu'il importe le plus de faire pénétrer dans l'esprit de la jeunesse ? Je ne répondrai pas a cette question par une discussion théorique, et je me bornerai à mettre le Dieu de la science et le Dieu des lettres antiques en regard avec le Dieu de la Bible, avec celui que nous font connaître les Livres saints.