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                   DE GR1M0D DE LA REYN1ÈRE.                       105
   Convenez que je suis presque aussi persécuteur que cet étique
abbé de Sa'int-Firmin (1) dont nous parlions l'autre jour, et qui
parvenait toujours à faire faire aux autres ce qu'il voulait, parce
qu'il y mettait cette persévérance obstinée qui triomphe de tous
les obstacles. Si je savais ce que        je le mettrai à vos trousses.
Que de choses j'aurais essayé par son moyen, visite à Mme de
Beauharnais, à MUe Lallié, à M. de Fontanes, à M. Vasselier,
et puis le voyage à Béziers, sur lequel vous me grondez sérieu-
sement de revenir. Et pour le coup, vous le feriez pour éviter
l'abbé persécuteur. Il faut que je m'occupe de le déterrer, cela
ne doit pas être bien difficile.
   Il paraît en effet que la famille proscripte a fait peu de sensa-
tion à Lyon, puisque vous n'êtes pas sûr seulement de l'heure
de son passage. Au reste, c'est un bien, car plus d'attention de
la part du peuple aurait pu tourner contre ces illustres voya-
geurs, dont un seul mérite la haine publique. On m'a éci'it de
Marseille qu'ils y faisaient aussi fort peu de sensation. Nous verrons
ce que deviendra leur affaire, mais je serais bien trompé, si le
triomphe de Marat n'annonce pas celui de l'un d'eux, car il me
semble que c'est la même faction. Dieu seul au reste s.ait com-
ment ceci tournera. Il faut s'abandonner au cours des événe-
ments, se tenir calme et tranquille et se recommander à sa mi-
séricorde.
   J'avais cru que c'était M. Chalier qui était maire de Lyon. Il
se trouve que c'est M. Bertrand, son associé. Vous ne me dites
mot de ce tribunal érigé à Lyon par le peuple, et dont je n'ai
appris l'existence que par l'exposition que la Convention vient
d'en faire. Vous ne me parlez point de la guillotine en perma-
nence et de plus de quinze cents personnes arrêtées. J'ai su tout
cela par les gazettes qui n'entrent pas dans d'autres détails. Vous
parlez seulement de l'arrestation de quelques personnes et de la
tranquillité de la ville. En cela, les journaux de Paris ont fait plus
qu'exagérer, ils auraient menti. Cependant, le décret atteste


   (1) L'abbé Cordier de Saint-Firmin, directeur du musée de Paris,
fondé en 1780,