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90 LES RUINES D'ATHÈNES. Un héros, le plus grand des héros de l'histoire, Superbe, l'appela pour témoin de sa glorre Et, sur le vieux granit de l'obscur Pharaon, Fit rayonner ces mots-: France 1 et Napoléon ! Mais au bord des flots bleus chers à la poésie, Beaux lieux aux souvenirs doux comme l'ambroisie, Qu'illustraient à l'envi, fils d'un sol généreux, Les sages , les héros , les artistes fameux ; Où, la lyre immortelle accompagnant Fépée, L'épopée est histoire et l'histoire épopée ; Dans les champs d'Hellénie aux éternels attraits Un écho glorieux retentit à jamais ! Fidèle gardien de traces révérées, II sait b innir l'Oubli de ces plages sacrées ! Semblable en sa vieillesse à l'antique Nestor, Sous ses cheveux blanchis plus vénérable eneor. Et de sa voix auguste enseignant la jeunesse Aux modernes soleils ainsi brille la Grèce ! Nul ne l'a dépassée à l'horizon humain, Et le sceptre'des arts est toujours dans sa main ! Depuis le peuple-Roi, les peuples de la terre Marchent en invoquant sa clarté tutélaire : Rome lui dut Virgile, Horace et Cicéron ; Aube du jour chrétien et Socrate et Platon Retrouvaient le vrai Dieu sur l'aile du génie ! Comme Orphée autrefois, par sa noble harmonie, Subjugua des forêts les farouches tyrans, Ses chants mélodieux, triomphateurs des ans, Par leur suavité, leur grâce enchanteresse, Des mœurs de l'Occident ont poli la rudesse. Sion seule, étalant son prophétique deuil, Les tables de Sina, le céleste cercueil, L'efface en ascendant, en majesté sublime; Le firmament ainsi domine toute cime ! Et même le pieux et lointain pèlerin