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                        BIBLIOGRAPHIE.                        81

vraiment singulier : adroit et rusé comme un marchand génois,
hardi, entreprenant à l'égal d'un boucanier, le voilà muni de
graines, de pieds d'arbustes, de quelques oignons, qui va par-
courir lous les points habités du globe et tenter la fortune. Au
rebours du rat de la fable, le plus grand mont n'est à ses yeux
que simple taupinde, et la perspective de la traversée de l'Atlan-
tique préoccupe moins son esprit, insoucieux du péril, qu'une
excursion dans nos Alpes ne ferait pour le paisible bourgeois
 du Marais. Audaces fortuna juvat, — c'est là sa devise, son
espoir, et le plus souvent les seuls fonds qu'il apporte dans son
aventureuse industrie. Pour le plus grand nombre, la devise
 sera fatidique et la fortune bienveillante. »


    La chasse au chamois fournit à l'auteur l'occasion d'exposer
tous les obstacles, tous les périls, toutes les privations qui exer-
cent le courage du chasseur et de raconter les péripéties d'une
lutte acharnée contre ces paisibles sentinelles des rocs les plus
escarpés des Alpes. « Il est une audace plus folle que celle des
chasseurs de chamois, une patience et une obstination de vo-
lonté plus arrêtées, un sang-froid plus grand ; ces rares condi-
 tions de développement illimité de certaines facultés se trouvent
 chez une classe d'hommes particuliers à cette contrée, les orpail-
 leurs (chercheurs d'or). Tout le monde sait que l'Oisans est la
 contrée de l'Europe la plus remarquable par ses richesses mi-
 néralogiques. La variété et la multiplicité de ses gisements mé-
  talliques ont fait donner à ce pays le nom de terre promise de
  la minéralogie, et il a été sérieusement question, il y quelques
  années, d'y établir une école d'application, pour les élèves in-
  génieurs des mines... Ces richesses souterraines ont dû natu-
   rellement préoccuper les intelligences, provoquer à l'action bien
   d'énergiques individualités , donner naissance à d'ardents désirs
   et à de vivaces espérances... Rien ne peut donc étonner, en fait
   de témérité, de hardiesse et de patience, de la part du malheu-
   reux montagnard de l'Oisans qui, enhardi un jour par la trou-
   vaille d'une lamelle de mica ou d'un petit cube de pyrite de fer,
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