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                                 RAPPORT

 LU A L'ACADÉMIE DE GRENOBLE
                             PAR M. MACÉ,
                                       SUR


        L'HISTOIKE DE LA PHILOSOPHIE CARTÉSIENNE (1),

                      Par M. FnvNcisgiii BOUILLIER,
                         Dojen do la Faculté des Lettres

                                    de Lyon.




   La philosophie n'est pas en honneur aujourd'hui en France.
C'est là malheureusement un fait trop évident , trop incon-
testable , mais dont il n'est pas impossible de retrouver les
causes.
   I.a première cause de ce dédain pour une des sciences qui
ont, pendant des siècles, le plus honoré l'esprit français dans
notre pays même et à l'étranger, se trouve dans l'ambition
et les prétentions exagérées des philosophes eux-mêmes. Ne s;i-
chant pas circonscrire le terrain sur lequel ils voulaient agir,
les philosophes du XVIIIe siècle ont envahi un terrain sacré sur
lequel ils ne pouvaient avoir aucun droit légitime , et comme
ils prétendaient agir au nom de la liherté de penser et de la
philosophie , et comme , d'un autre côté , ils n'ont abouti
qu'à la négation ou au scepticisme, i! en est résulté qu'ils ont
compromis tout à la fois et la liberté de penser, au nom de la-
quelle ils prétendaient agir, et la philosophie dont ils se disaient

  (1) Histoire de la Philosophie cartésienne , par M. Francisque Bouillier,
correspondant de l'Institut, doyen et professeur de philosophie à la Faculté
des Lettres de Lyon. Paris, Atig. Durand, rue des Grès, 5 ; 1854, 2 volin-8,
606 et 616 p.