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368                     F.-Z. COLLOMBET.
égards tout particuliers pour les pauvres, les ouvriers, les hum-
bles de la terre.
   Son caractère était aussi haut et fier que son âme était droite
et généreuse ; il ne pouvait souffrir ce qui était bas et rampant,
les procédés malhonnêtes; on ne s'en permettait jamais deux fois
envers lui. Il possédait, comme on l'a déjà écrit, la haine du
mal au suprême degré, et sa vie entière n'a été qu'une longue
et énergique lutte pour le repousser partout où il le rencontrait.
Nous ne connaissons personne qui ait été aussi indépendant de
pensée et d'action que Collomhet; le respect humain lui était
inconnu ; il ne comprenait pas qu'on n'eût point le courage de
paraître ce qu'on devait être, et n'avait qu'un souverain mépris
pour ces hommes qui transigent avec la conscience par intérêt
ou par faiblesse.
   C'est bien de lui qu'on doit dire •. amicus Plato, rnagis arnica
veritas. Quand on avait le malheur de toucher à l'arche sainte,
la religion, il lui était impossible de garder le silence; quelle que
fût la qualité de l'adversaire, il se présentait au combat, et ne
posait les armes que lorsque la vérité était vengée.
   On peut dire que notre écrivain était passionné pour la reli-
gion ; sa vie entière lui a été consacrée. Nous avons vu qu'il avait
renoncé à la carrière ecclésiastique en 1830. Quatorze ans après,
Mgr. Dévie, évêque de Belley, voulut l'ordonner prêtre et le lui
proposa. Collombet demanda du temps pour se résoudre et finit
par refuser, sur les conseils de quelques amis qui lui persua-
dèrent qu'il servirait peut-être moins bien la religion dans
l'Eglise que dans le monde, et perdrait par le caractère sacer-
dotal une sorte de neutralité qui prêtait une merveilleuse force
à sa parole. Ce furent sans doute ces mêmes raisons qui l'empê-
chèrent d'entrer dans l'état religieux, auquel l'invitait, de son
côté, le savant abbé de Solesmes, dom Guéranger. Du reste,
son régime ne différait guère de celui d'un prêtre ou d'un reli-
gieux. 11 entendait presque tous les jours la messe, s'approchait
fréquemment de la sainte table, et avait des heures pour la
prière. 11 était agrégé au tiers ordre de saint François. Dans
sa paroisse, il faisait partie de la confrérie du Saint-Sacrement.