Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
360                     F.-Z. COLLOMBET.

tait ridiculement impatienté d'entendre le chant des vêpres à
côté du temple de Jupiter Stator, Collombet sut y contempler les
merveilles de l'Eglise et de la Papauté, et sa foi s'était admira-
blement réchauffée au contact de cette chaire de Pierre, occupée
depuis tant de siècles par cette suite majestueuse et non inter-
rompue de pontifes qui, eux aussi, ont fait de grandes choses et
exercent encore aujourd'hui une domination autrement étendue
que celle de Trajan et de Constantin. Après son retour, il avait
formé le dessein d'un livre qui devait le ramener dans la Pénin-
sule et à Rome; il y aurait séjourné au moins une année pour
compléter ses documents et s'inspirer à ce foyer de la Religion.
Mais alors il fut sur le point de réaliser un voyage plus impor-
tant encore, celui de la Palestine, que l'illustre historien de
Luther et de Calvin vint lui proposer. 11 s'agissait de débuter
par l'Italie et de revenir par l'Egypte. Un livre composé à frais
communs devait être le fruit de cette intéressante pérégrina-
tion : «Nous aurions, écrivait Audin en 1845, de conserve,
deux volumes in-8, qui auraient pour titre : Voyage sur les scè-
nes de la Bible (ou du Nouveau Testament) •• bon titre ! Voilà
mon idée. J'espère que vous ne serez pas assez barbare pour re-
fuser. » Quelques mois après, Audin revenait là-dessus ; les tra-
ducteurs du livre futur étaient, disait-il, tout trouvés ; à Munich,
à Ratisbonne, on l'avait demandé comme une grâce, et il espé-
rait, à son passage à Rome, obtenir pour les deux voyageurs
une mission scientifique du cardinal Lambruschini. Mais, mal-
gré de telles excitations, Collombet se montrait lent à se déter-
miner ; une course si lointaine effrayait son imagination. D'ail-
leurs, il redoutait pour sa santé la mer et la traversée des sables
de l'Arabie ; il finit par refuser. Audin se dirigea seul vers l'O-
rient, et depuis, la rédaction du livre projeté, interrompue par
la mort de l'auteur, est restée pour toujours inachevée. Collom-
bet lui-même n'est jamais retourné en Italie. Ainsi vont les cho-
 ses humaines.
   Mais si notre ami renonçait à voyager, ce n'était point pour se
livrer au repos. Il publia successivement, en 1846 et 1847, Y His-
toire critique de la suppression des Jésuites, 2 vol. in-8" , et