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                 ÉLECTION' D'UN ABBÉ DE SAVIGiSV.                     lfl
 Enfin il finit par proclamer à son tour, et dans la même forme,
 Antoine de Balzac abbé de Savigny.
    Les électeurs de Jean d'Albon protestèrent et se retirèrent en
 chantant le Te Deum et sonnant les cloches en signe de joie ; ils
tinrent ensuite processionnellement dans le chœur de l'église,
où ils intronisèrent Jean d'Albon sur le siège abbatial -, ce à quoi
tes partisans de Balzac s'opposèrent tant qu'ils purent.
   Cette cérémonie terminée, le prieur de Courzieux, à qui h1
grand prieur et tous ses collègues avaient donné mission pour
cela, annonça en langue vulgaire, au clergé et au peuple ras-
semblé en grand nombre dans l'église, l'élection de Jean d'Albon.
   Les partisans d'Antoine de Balzac en firent autant à leur tour,
mais en l'absence des partisans de d'Albon, qui s'étaient retirés.
La position de ceux-là, d'ailleurs, dans cette occasion, était bien
moins favorable, car ils n'avaient pas leur candidat sous la main ;
mais ils se rattrappèrent plus tard.
   Les droits de Jean d'Albon paraissent si bien établis, qu'on a
peine à se rendre compte de ce confit, et cependant il se prolongea
pendant plusieurs années, tant était considérable l'influence de
Roffec de Balzac (1). C'était, en effet, l'un des personnages mar-
quants de cette époque. Il devint successivement capitaine de
cent hommes d'armes des quatre mille francs-archers ou ar-
chitenants de France, chevalier de l'ordre du roi, conseiller el
chambellan de Louis XI, sénéchal de Beaucaire, et gouverneur
du Pont-Saint-Esprit. 11 était frère de Robert de Balzac, baron
d'Entragues et de Saint-Amand, sénéchal d'Agenois.
   Pendant plusieurs années, Jean d'Albon tenta vainement de se
faire reconnaître par l'archevêque de Lyon. Celui-ci différait sans
cesse, pour une raison ou pour une autre. Enfin il renvoya l'af-
faire par-devant le pape, qui se prononça pour Balzac. Mais
Jean d'Albon en appela de cette décision, qui était contraire aux
droits de l'église gallicane. Enfin, après de longs débats qui abou-

  (1) Voyez dans ma notice sur Benoît Mailliard (Journal de Montbrison de«
8 el 15 juillet 1849), le rôle que joua ce gentilhomme dans le Lyonnais'
durant les troubles du bien publie