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 68                        PÉLOPONÈSE.

 de combattants. Plus tard, quand sa puissance, fondée sur de
 solides bases, lui permit de jouir de la paix, s'il ne recommença
 pas à s'adonner aux spéculations commerciales , il remplaça du
 moins l'industrie par les arts. De nos jours, les mêmes faits
 se produisent. La Grèce , tandis que le joug des Turcs l'avait
retranchée du nombre des puissances européennes, envoyait
par le monde des colonies industrielles qui ne tardèrent pas
à faire admirer partout leur génie commercial ; l'excessive ha-
bileté des négociants grecs ne laisse pas de doute ; ils pos-
sèdent , dans toutes les grandes capitales de l'industrie, des
comptoirs qui rivalisent de richesse avec ceux des nations les
plus puissantes. Quant à l'élément guerrier, pouvait-il avoir un
réveil plus éclatant et plus sublime que les guerres de l'Indépen-
dance? Qu'il a fallu d'audace, d'énergie et d'opiniâtreté à un
peuple si peu nombreux et si longtemps opprimé que les Grecs
pour chasser de son territoire une aussi puissante nation que
la Turquie ! Aussi n'existe-t-il pas un coin de terre en Grèce
qui ne soit trempé du sang de ses défenseurs et de celui de ses
tyrans, pas un golfe où de chétives embarcations grecques
n'aient pris ou eoulé à fond de grands vaisseaux turcs ; les
héros de Souli enfin ne cèdent en rien à ceux qu'Homère a con-
duits devant Troie ni à ceux que les Perses ont rencontrés aux
Thermopyles et à Marathon.
    Sparte offre aujourd'hui un aspect plein de variété et d'ani-
 mation ; de vastes et belles maisons s'élèvent de toutes parts ; de
 grandes cours sont fermées par de larges portails construits en par-
 tie avec des fragments d'antiquités ; nous en remarquâmes un dont
presque chaque pierre était une inscription ou un bas-relief. On
 eût dit que le maître de cette maison s'était plu à étaler au grand
jour ce trésor d'antiquaire, afin qu'il devînt en quelque sorte la
propriété de tout le monde, et que les habitants de la ville pus-
sent le montrer avec orgueil au voyageur avide de ces reliques
précieuses du passé. Sa rue principale est plantée d'arbres de
chaque côté, et, le long des trottoirs pa^és de larges dalles, sont
des boutiques et des cabarets abrités sous de grands toits de
bois qui avancent. Là, se rendent les marchands, les petit»